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Le Congrès monétaire international a siégé à Paris du Il au 14 septembre. L'ordre du jour proposé par le comité d'organisation comportait quatre premiers articles : statir,tique, baisse de l'argent^ dommages qui en rcsultmt, remèdes à y apporter, auxquels on avait réservé quatre séances . Les unions monétaires devaient absorber la cinquième; l'entretien de la circulation monétaire et diverses questions accessoires, la sixième.
On n'est pas sorti du débat sur les quatre premiers points, et le Congrès a été clos sans qu'on ait pu épuiser la liste des orateurs inscrits sur les quatre premières questions. Avant d'aborder le compte rendu succinct des débats, nous tenons à constater que, comme il était facile de le prévoir, les adversaires en présence se sont retirés sans avoir pu ébranler les convictions réciproques et sans que les bimétallistes aient pu se vanter d'avoir gagné la bataille. Loin de là; ils ont rencontré de la part des orateurs français une résistance acharnée. M. Lalande a été, avec M. Cernuschi, le seul homme considérable parmi nos compatriotes qui ait pris la défense du bimétalUsme.
Le Comité d'organisation avait préparé une série de documents, une statistique universelle des métaux précieux par M. de Foville, un rapport sur l'enquête monétaire anglaise par M. Fournier de Flaix (1), un rapport de M. Adolphe Coste sur les matériaux réunis par le docteur Soetbeer, relativement aux rapports économiques des métaux précieux et la question monétaire (2), endn un travail de M. l'ernand Faure sur l'entretien de la circulation monétaire, sur la question du frai.
Le bureau s'est composé de M. Magnin, sénateur, gouverneur de la Banque, comme président, de MM. Léon Say, Cernuschi, Levasseur, Dana-Horton, Emile de Laveleye, Luzzati, Max Wirth, vire-présidents; de MM. Coste, Arthur IxalTalo vieil et Fernand Faure, secrétaires. La présidence d'iionneur a été attribuée à M. Pellegrini. vice-président de la Képublifiue Argentine. M. Rouvier, qui devait présidcj- la séance d'ouveilun^ s'est excusé par une lettre dans laquelle nous relevons le passage suivant :
Le gouvernement franrais a eu, vous le savez, à dilïérentes reprises, l'occasion de faire connaître ses idées sur les questions monétaires. Bien que les faits qui se sont produits dans ces dernières années ne nous semblent pas de nature à modiller à cet égard nos dispositions générales, nous suivrons avec le })lus grand intérêt les échanges de vues qui vont avoir lieu. Il ne s'agit cette fois que d'un débat purement scientifique et les opinions exprimées seront
(4) M. Cernuschi et les bimétallistes qui connaissent de l'enquête anglaise surtout les dépositions favorables à leur thèse ont accueilli avec une hostilité niarquée le consciencieux travail de M. Fournier de Flaix, que celui-ci ajustement revendiqué comme son œuvre peisonnelle.
(2) L'ouvrage de M. Soetbeer, publié en 1886, a été traduit par les soins de l'administration des Monnaies et distribué aux membres du Congrès. 11 a servi en quelque sorte d'évangile statistique pendant les débats.
tniiti's personnelles. Il eu résiillera néanmoins de précieux cléments crinlbrmalioa pour tous ceux à qui incombe la responsabilité des solutions à faire prévaloir. »
M. Magnin, qui a présidé les débats avec une courtoisie et une impartialité parfaites, a prononcé un discours dans lequel il n'a pas dissimulé ses tendances bimétallistes. Jl a rappelé qu'en 1881 les Etats-Unis et la France avaient convoqué à Paris une conférence monétaire internationale dans le but de soumettre « à l'acceptation des gouvernements représentés un plan et un système pour l'établissement au moyen d'une convention internationale de Tusage de l'or et de l'argent comme monnaie bimétallique.
» Bien que la plupart des gouvernements représentés se fussent déclarés en faveur de projet franco-américain, la conférence dut, par suite de l'attitude de l'Angleterre, s'ajourner sans avoir atteint le résultat désiré. La conférence, dans sa treizième séance tenue le 8 juillet 1<S81, s'ajournait au 12 avril 1882 par une résolution motivée adoptée par Tunanimité des membres votants. Klle ne s'est pas réunie à celte date ni plus tard; mais que s'est-il passé depuis ?
» Le désordre monétaire qui date de 1873 et auquel la conférence de 1881, si elle avait abouti, aurait pu porter remède, n'a fait que s'aggraver. L'écart de valeur entre l'or et l'argent s'est encore augmenté dans une large proportion. Les perturbations du change entre les pays monomélalliques argent et les pays qui ne frappent que des monnaies d'or sont devenues plus intenses et plus fréquentes. Les perspectives, loin d'être rassurantes, sont faites pour effrayer les esprits prudentsv En effet, que les Etats-Unis viennent à abroger le liland Bill, que l'union latine soit dénoncée, et l'avilissement du métal blanc par rapport au métal jaune n'aurait pour ainsi dire plus de limite. Ce serait alors une terrible catastrophe monétaire et commerciale dans le monde entier. »
M. Magnin a ajouté qu'il osait espérer de bons résultats
des délibérations du Congrès et qu'il fondait cet espoir sur le langage tenu actuellement par l'Angleterre, bien di lièrent de celui qu'elle avait en 1881. 11 a cité la réponse faite au mois de mai par lord Salisbury à une députation de la Ligue bimétallique (1).
Au nombre dos membres du Congrès se trouvaient MM. Freemantle, sous-directeur de la Monnaie de Londres, et Murray, délégués officiels du gouvernement anglais ; Tanaka (Japon); Moret, ancien ministre des affaires étrangères d'Espagne ; Allard, directeur de la Monnaie à Bruxelles; Vignon, chef du cabinet du ministre des Finances ; de Liron d'Airolles, Ruau, de Fo ville, Clavery, Clément Juglar, Gustave Roy, Scharling, député du Danemark; André Cochut, Lalande, Hermann RatTalovich; Mcrcet, de la maison Perrier frères ; la plupart des régents de la Banque de France, etc. Nous avons regretté Tabsence des représentants autorisés du monométallisme, comme MM. L. Bamberger, Soëfbeer, Frère-Orban : ceux ci étaientils convaincus que tout est dit et que personne ne peut espérer d'arriver à la découverte de nouveaux arguments?
Voici la liste des orateurs en indiquant et leurs pays et leurs points de vue :
Monométallistes. — France : MM. A. Coste; Levasseur, de l'Institut, professeur au Collège de France; Frédéric Passy, député, membre de l'Institut ; Clément Juglar; Mannequin ;
(1) Après avoir fait allusion au Congrès de Paris, lord Salisbury ajoutait : « 11 ne vous incombe pas seulement de faire comprendre clairement cette question et de la faire discuter parmi les classes monétaires les plus inlluentes de notre pays et de chacune des parties de notre pays ; mais la décision à laquelle on s'arrêtera éventuellement dépendra nécessairement en grande partie de la mesure dans laquelle vous réussirez à exercer vos facultés de persuasion auprès des autres nations du globe ^ .
Fournier de Flaix; duPuynode; 0. Haupt; Arthur Raflalovich .
Biniétallistes. — France : MM. Ccrnuschi; Lalande; — Belgique : MM. Allard, banquier et directeur de la Monnaie à Bruxelles; E. de Laveleye, professeur à TUniversité de Liège. — Hollande : M. Boissevain. — Etats-Unis: MM. Dana llorton. — Allemagne: MM. Arendt ; Koch. — Angleterre . MM. Grenfell ; professeur Foxwell ; Fielden, sir Henry Meysey Thompson. — Espagne : M, Moret y Prendergast.
A titre de curiosité, nous rappelons que le 10 septembre une réunion convoquée par MM. Alphonse Allard, banquier à Paris, directeur de la monnaie à Bruxelles, Dana Horton, ancien délégué du gouvernement des Etats-Unis aux conférences monétaires de 1878 et 1881, Grenfell, Emile de Laveleye et baron de Soubeyran, a eu lieu à l'hôtel de M. Cernuschi, 7, avenue Velasquez. Cette réunion était destinée à établir un accord préalable entre les bimétallistes. Comme l'envoi de l'invitation était accompagnée d'une note ainsi conçue : MM. les membres du Congrès, qui ne professent pas d'opinions franchement bimétallistes,sont priés de considérer la présente convocation comme nulle et non avenue », nous ne savons pas les graves résolutions qui ont pu être prises dans la salle du Bouddha. Y a-t-on arrêté les onze articles de la convention bimétallique qui nous a été distribuée à profusion à l'entrée du Congrès et que nous reproduisons comme document?
CONVENTION BIMÉTALLIQUE
« 1. L'Angleterre, l'Allemagne, les Etats-Unis d'Amérique et la France admettront l'or et l'argent au monnayage sans aucune limite de quantité, et adopteront la proportion de
1 k lo l/!2 entre le poids du méUil pur contenu dans l'unité monétaire en or et le poids du métal pur contenu dans la même unité en argent.
» II. Sous la condition que cette proportion de 1 à 15 i/2 sera toujours observée, chaque Etat restera libre de garder ses types monétaires: dollar, franc, livre sterling, mark.
» III. Toute personne aura droit d'apporter toute quantité d'or ou d'argent, soit en lingots, soit en pièces de monnaie étrani^ére, aux Uôld> de Monnaie de chaque Etat pour la reprendre ensuite sous la forme de numéraire.
» IV. Le monnayage sera gratuit pour le public. Chaque Etat prendra à sa charge les frais de son monnayage.
» V. Les Hôtels de Monnaie de chaque Etat devront frapper le métal apporté par le public aussi rapidement que possible et à la susdite proportion de 1 à 15 1/2 entre les espèces d'or et les espèces d'argent. Le numéraire ainsi fabriqué sera remis à la personne qui aura apporté le métal ou à ses ayants droit.
» Si la personne qui apporte de l'or ou de l'argent demande le paiement immédiat de la somme qui lui reviendrait après le délai de monnayage, ce paiement lui sera fait moyennant une retenue qui ne pourra excéder deux pour mille. La somme sera comptée au gré de la partie payante, en numéraire, or ou argent, ou en billets à cours légal et convertibles à vue en monnaie métallique.
n YI. Les monnaies d'or et d'argent auront également cours légal et p nir toute somme, dans TEtat qui les aura fabriquées.
» VII. Dans chaque Etat, le gouvernement continuera à émettre, par voie de monopole, sa monnaie divisionnaire ou d'appoint; il en déterminera la quantité et la qualité et fixera le montant au delà du(iuel aucun particulier ne sera tenu de la recevoir en paiemcuit.
» VII. Le fait d'émettre ou de laisser émettre du papiermonnaie ne dis[)ensera pas l'Etat qui l'émettra ou le laissera émettre de l'obligation ici stipulée de tenir des Hôtels de
Monnaie toujours ouverts au libre monnayage des deux me'*taux à la proportion de 15 1/2.
» IX. î/or et l'argent, soit en lingots, soit en numéraire, ne seront soumis à aucun droit de douane, ni à Timportation ni à l'exporlation.
» X, La réception de l'argent commencera le 1890 dans tous les Hôtels de Monnaie.
» XI. La présente convention restera en vigueur jusqu'au l^r janvier 1900. Si, un an avant celte date, elle n'a pas été dénoncée, elle restera prorogée de plein dro't, par voie de tacite réconduction, jusqu'au 1^^* janvier 1910, et ainsi de suite par période de dix ans jusqu'à ce qu'elle soit dénoncée un an avant l'expiration de la période décennale. »
M. Grenfell, ancien gouverneur de la Banque d'Angleterre, et aujourd'hui encore l'un des administrateurs a, sur la proposition de M. Allard, renseigné le Congres sur l'état du bimétallisme en Angleterre. Il a reconnu franchement qu'il ne pouvait parler ni comme régent de la Banque, ni comme trésorier du Club économique de Londres; car, dans la Banque et dans le Club, la plupart de ses collègues ne partageaient pas ses idées. 11 représentait la Société bimétallique en compagnie du secrétaire de cette ligue, d'un grand propriétaire foncier^ d'un propriétaire d'hôtel des monnaies ù Birmingham et d'un professeur d'économie politique.
La bimiUallisme a de grands obstacles à vaincre en Angleterre, d'abord l'encombrement législatif et ensuite les préjugés des économistes anglais qui sont encore convaincus que le dernier mot sur la question monétaire a été dit par lord Liverpool. M. Grenfell a attiré l'attention sur la présence de deux délégués officiels du gouvernement anglais. (Ces deux délégués olïiciels sont restés muets comme le sont d'ordinaire les délégués officiels, mais ils ont dû, s'ils sont sincères, rapporter de singulières idées sur les progrès du bimétallisme en France.)
Comme M. Mugnin, M. Grenfell a battu monnaie avec les déclarations de lord Saiisbury, répondant à la grande députation bimétallistc et avec celles du chancelier de l'Echiquier disant que la plupart des nionométallistes ont des opinions si bien enracinées que la plupart d'entre eux sont incapables de définir le pourquoi de leurs convictions. M. Goschen ajoutait qu'il était du devoir des monométallistes de contribuer à l'édification du public et non de demeurer silencieusement à Térart. (M. Goschen doit être édifié aujourd'hui sur les partisans de l'étalon d'or unique qui savent se lever pour défendre leurs convictions et qui n'ont pas des convictions irraisonnées.) L'opposition en Angleterre est conduite par M. Gladstone, auquel on a attribué un mot disant que le bimétallisme c'était du protectionnisme et la répudiation des dettes publiques. M. Grenfell a lu une lettre de l'illustre homme d'Etat anglais expliquant qu'il n'accusait pas le bimétallisme sous toutes ses formes d'avoir les qualités de la protection, qu'il avait eu en vue le mouvement bimétalUste tel qu'il avait été expliqué par M. Chaplain. M. Gladstone ajoutait que l'or est le meilleur étalon, qu'un changement d'étalon, pour en avoir un meilleur, peut nécessiter des changements au moins temporaires, et que, changer d'étalon, en le faisant double, serait une erreur sérieuse et permanente. Actuellement, a fait observer M. Grenfell, le cabinet anglais compte deux bimélallistes avérés parmi ses membres. Les opinions de M. Gladstone sont celles de tous ceux qui ont étudié l'économie politique de 1815 et ne veulent pas se remettre sur les bancs de Técole. La question monétaire est internationale, autant que les douanes et que les phares. Le mouvement bimétalliste gagne certainement du terrain en Angleterre.
M. Arendt, secrétaire de la Ligue allemande pour le bimétallisme international, a rappelé que l'Allemagne avait été dotée de l'étalon d'or avec une unanimité relative, mais que la crise de 1873, due à l'adoption de l étalon d'or et à
la démonétisation de l'argent, avait ftiit réfléchir beaucoup de gens; que les partisans du bimétallisme avaient réussi à empêclier la vente des thalers en 1879, sans qu'ils aient pu cependant obliger le gouvernement A prendre l'initiative d'une conférence internationale. En Allemagne, on n'espérait pas en ce moment pouvoir rétablir le double étalon sans l'Angleterre, mais aussitôt après l'Angleterre le gouvernement allemand le fera. Si l'Allemagne est protectionniste, c'est à cause de l'étalon d'or. Aussitôt que l'Angleterre deviendra bimétalliste, l'Allemagne redeviendra libreéchangiste. M. Arendt a donné lecture d'une lettre de M. de KardorlL l'un des chefs du protectionnisme agricole, convaincu que l'Allemagne prêtera son concours à l'Angleterre mais ne prendra pas l'initiative, et partisan d'une ligue américaine-latine-allemande, avec exclusion de l'Angleterre, dont l'adjonction est cependant demandée par d'autres personnes. Sans la solution de la question monétaire, il ne sera jamais possible de résoudre la question irlandaise. Le bimétallisme garantirait la paix sociale à l'intérieur. Ceux qui combattent l'étalon dor unique en Allemagne, n'ont pas l'espoir de triompher sans le concours do l'étranger.
On aurait pu rappeler à M. Arendt que les socialistes allemands ont fait déclarer, en 1886, au Reichstag par l'un de leurs députés qu'ils ne se laisseraient pas leurrer par les promesses du bimétallisme, et qu'ils repoussaient un système dont le premier effet serait le renchérissement de la vie.
M. Moret, ancien ministre d'Espagne, a indiqué au Congrès la responsabilité qui lui incombait à la suite des déclarations de lord Salisbury. Jamais, peut-être le chef du Cabinet d'un grand pays n'a déclaré aussi nettement que lord Salisbury qu'il attendait les résultats d'un Congrès international pour s'éclairer sur la conduite à tenir. M. Moret est convaincu que le statu quo^ tel qu'il résulte de la démonétisation de l'argent, est mauvais. L'étalon d'or n'a pas réussi, comme l'ont prouvé les conférences monétaires, les enquêtes anglaises, la ligue bimétallique.
M, Arendt a été logique en disant qu'avec la baisse causée par la rupture de l'équilibre monétaire, on avait dû introduire des lois de douane. M. Moret est un libre-échangiste convaincu et il croit que le retour au double étalon améliorera la situation internationale. 11 a invité ses collègues à formuler les conclusions suivantes : « Le moment de modilier la situation monétaiio ost arrivé et cette modification doit être internationale ».
M. Mannequin, membre de la Société d'Economie politique de Paris, auteur de nombreuses publications (1), a prononcé un bon discours en faveur du monométallisme or.
M. Boissevain a demandé que les monométallistes voulussent bien répondre au défi contenu dans le discours de M. Goschen et dire pourquoi ils combattent le bimétallisme or.
M. Cernuschi a alors pris la parole. Avec sa fougue habituelle et son langage imagé, il a fait les délices de ses admirateurs. Il a comparé les deux métaux à deux oiseaux, un jaune, Tautro blanc, vivant heureux dans la même cage, dont le méchant monométalliste a ouvert la porte et qui se sont envolés. 11 a comparé l'argent au ballon captif, le rapj)ort de 1 à 15 1/2 représente le câble qui est coupé aujourd'hui, et tout va à la dérive. 11 a recherché les causes de la baisse de l'argent. Sur la plus grande partie du globe, Targent se porte comme par le passé. Sauf, quand les Mexicaifis, les Chinois, les Indiens ont des paiements à faire à l'étranger, ils ignorent absolument que l'argent a baissé.
M. Ciwnuschi proteste contre l'idée que le bimétallisme soit de la i)rolect*ion. Ce cable du 15 1/2 a toujours opéré depuis que le monde existe. La France avait la gloire inconsciente de gouverner le monde monétaire. C'est elle qui
(1) Question de la Monnaie (1856) ; la Monnaie cl le doubleétalon (1874); la Monnaie et le problème monriaire (1879); le Bimétallisme y ou trois barbarismes en un seul mot (1881).
tenait en cage les deux oiseaux jaune cl blanc. Les Anglais croyaient que la roupie valait 2 shellings par suite d'une loi naturelle, mais c'était grâce à la France et au 15 1/2.11 a contribué personnellement à faire faire les deux grandes enquêtes anglaises.
Avant 1872, le rapport du 15 1/2 élait le fondement des monnaies depuis des siècles. De tout temps, il régnait une sécurité parfaite dans l'échange.
Il a suffi de supprimer en France la frappe des écus pour que cette sécurité disparut, mais il sufïlt que l'Angleterre, l'Allemagne, les Etats-Unis et la France se mettent d'accord pour qu'elle levienne. En effet, les Etats sont souverains monétaires ; ils peuvent ce qu'ils veulent, pourvu qu'ils s'entendent. Il n'y a pas de marchés des métaux précieux pour lutter contre la volonté diplomatique. La diplomatie peut rétablir la parité, la justice entre l'or et l'argent. Un traité international peut seul rendre au monde, à la civilisation, à l'humanité, la stabilité monétaire, prévenir des crises effroyables. Il n'y a pas assez d'or dans le monde; il faut le monnnyage universel de l'argent.
M. Cernuschi nous a dit que le mal que faisaient les économistes était incalculable ; que nous avions de la bonne volonté, mais beaucoup d'ignorance; qu'il n'ouvrait jamais un livre de statistique, que plus on l'interrompait, plus il devenait éloquent.
M. Coste a opposé aux affirmations de M. Cernuschi des arguments péremptoires; il a notamment relevé le défi qui avait été adressé aux partisans de l'étalon d'or de formuler un programme. « Nous sommes desservis, a-t-il dit, par l'étiquette de monométallistes, nous ne voulons pas supprimer l'argent, mais le réduire au r(51e qui lui appartient. 11 y a cent ans, en 1783, le rapport légal était de 1 à 14/625, c'est-à-dire au-dessus du rapport réel. L'or avait disparu de la circulation ; on ne payait plus qu'en argent; le bimétallisme avait amené la restriction dans la circulation. Galonné intervient alors et la déclaration de