S78 LE PRINCE DE LIGNE
Les trois membres du Congrès se remirent en route et arrivèrent vers le milieu de laprès-midî au château du Rœulx. Le comte Diival les y devança de quelques minutes pour annoncer ses collègues et essayer de bien disposer le prince. Dès que MM. Lebeau et Nothomb eurent rejoint le comte Duval, celui^^îi leur annonça que, selon toute apparence, ses prévisions n'étaient que trop fondées. Ils furent reçus par le prince avec cette politesse bienveillante qui le distingue ; mais ils remarquèrent avec surprise que la princesse de Ligne, née comtesse de Conflans, appartenant à une famille légitimiste française, et M. de Croy restaient au salon, comme pour défendre le prince contre la démarche des députés belges. Le prince demanda d abord aux députés quels étaient leurs projets, leurs chances de succès, ce qu'ils savaient des dispositions des cabinets étrangers à legard de la combinaison dont ils venaient Tentretenir. Les députés lui dirent aussitôt qu'ils n'avaient mission de personne, qu'ils n'avaient pris conseil que de la situation du pays et de leur sollicitude poiu» le triomphe de la révolution et pour raffermissement de l'indépendance belge, si heureusement recouvrée. Ils ajoutèrent que chacun reconnaissait que le gouvernement provisoire était au terme de sa mission ; que les esprits voulaient un pouvoir exécutif plus concentré ; qu'on réclamait un chef unique provisoire, en attendant qu'on pût faire choix d*un souverain; que les uns parlaient d'une régence et les autres d'une lieutenance générale; qu'ils étaient partisans de cette dernière combinaison,