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et qu'ils venaient demander au prince l'autorisation de le proposer pour lieutenant-général du royaiune. Quant aux chances de succès^ ils firent observer que M. Lebeau ayant mis en avant la candidature du duc de Leuchtenberg, inconnu en Belgique, ce candidat avait réuni presque la majorité des suffrages, et qu'il eût obtenu presque l'unanimité sans la concurrence d'un prince français; qu'un tel résultat attestait un besoin vivement senti de choisir un chef, et que ces dispositions s'étaient beaucoup fortifiées encore par l'échec qu'on venait de subir. Les députés dirent aussi que la proposition d'une régence ou d'une lieutenance générale ayant été accueillie favorablement, le nom du prince ne pouvait être mis en avant sous de meilleurs auspices, et qu'ils avaient tout lieu de croire que Topinion s'y rallierait à l'instant.
Le prince demanda si, au moins, on ne pourrait pas lui laisser le temps de consulter les grandes puissances. Les députés répondirent qu'après la déception dont le Congrès venait d'être l'objet à Paris, le moment serait mal choisi pour proposer de nouvelles négociations; qu'il y avait urgence à prendre un parti; qu'en acceptant la lieutenance générale, le prince ne préjugeait rien sur la résolution à prendre ultérieurement, qu'il pourrait alors pressentir les dispositions des cabinets auxquels il présenterait sa détermination comme le moyen le plus assuré de maintenir l'ordre dans le pays. Us terminèrent en lui faisant observer que, s'il y avait quelque danger à courir, c'était là un moyen de popularité qui offrait la plus brillante pers-
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pective ; qu'une fois proclamé lieutenant-général de la Belgique par le Congrès national, la transition au trône devenait facile, comme un exemple récent Tavait démontré, et qu après tout, la possibilité de saisir la couronne de Belgique valait bien qu'on s'associât à quelques dangers, que ce n'était pas là ce qui pouvait faire hésiter un homme de cœur. Le prince était visiblement ébranlé ; mais la princesse se montra moins femme ambitieuse qu'épouse craintive. Elle s'interposa entre le prince et les députés, l'engageant vivement à refuser. Le prince persista, pour colorer son refus, à demander le temps de consulter les grandes puissances. De leur côté, les députés répétèrent que ce délai était impossible et représentèrent le recours aux puissances comme une atteinte à l'indépendance et à ta dignité nationales. La négociation fut ainsi rompue assez brusquement ; et, après cette tentative infructueuse, il ne restait plus qu'à se rallier à la proposition du gouvernement provisoire.