ÉLECTION DE SURLET DE GHOKIER
l'État. Il serait assigné mensuellement au régent une liste civile de 10,000 florins; Tun des palais de la nation devait être mis à sa disposition, et il lui serait ouvert un crédit de 10,000 florins pour frais de premier établissement.
Dès le lendemain, l'assemblée nationale procéda à la nomination du régent. Deux candidats étaient particulièrement désignés pour occuper la haute magistrature que l'on venait d'instituer. Le vénérable président du Congrès s'était concilié les sympathies les plus nombreuses; quelques membres, catholiques et libéraux, croyaient cependant qu'un frère du martyr de Berchem représenterait mieux le principe de la révolution. Du reste, les deux rivaux, MM. Surlet de Chokier et Félix de Mérode, s'étaient mis d'accord par le compromis le plus honorable. Un député, leur ami commun (1), avait reçu, au commencement de la séance du 24, un billet signé de tous deux et qui constatait Taccord accepté de part et d'autre. Cet ami se proposait de déclarer, si le premier scrutin avait laissé la majorité incertaine, que celui des deux candidats qui avait obtenu le moins de voix renonçait à la candidature. Il ne fut pas nécessaire de recourir à ce moyen. Sur cent cinquante-sept votants, M. Surlet de Chokier obtint cent huit suffrages, M. Félix de Mérode quarante-trois, et M. de Gerlache cinq.
M. de Gerlache, qui présidait l'assemblée, proclama, au nom du Congrès national, que M. Érasme-Louis,
(i) M. Van de Weyer.
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baron Scrlet db Choobr, était nommé r^ent de la Belgique.
Une députation de dix membres, ayant à sa tête le président, sortit immédiatement de la salle ponr faire connaître à M. Snrlet la décision de l'assemblée nationale. Elle se rendit à pied et sans appareil an modeste logement que le président du Congrès occupait rue des Carrières. M. Surlet reçut ses coliques avec cette effusion de bonté qui foisait le charme de son caractère. M. de Gerlache lui dit que son nom, sorti de l'urne, avait été accueilli par les acclamations générales de l'assemblée ; que sa nomination était un témoignage éclatant de gratitude nationale, accordé à une vie sans reproche, à des services signalés rendus à la cause publique dans des circonstances difficiles. Le r^nt répondit : — « Après une longue carrière, toute » de dévouement, quel meilleur emploi puis-je faire » des jours qui me restent à vivre que de les offrir à » mon pays? Mais n'oubliez pas que j'ai besoin de » votre confiance, de votre amitié, de votre coopéra- » tion !... »
Il importait de se précautionner contre toutes les éventualités.. Aussi M. Devaux avait-il déposé une proposition tendant à déclarer constitutionnels les décrets du 18 et du S4 novembre 1830 sur l'indépendance nationale et l'exclusion des membres de la &mille de Nassau de tout pouvoir en Belgique. M. Beyts voulut renforcer ces précautions en faisant déclarer que le Congrès avait rendu les décrets du 1 8 et du 24 novembre 1830 comme corps cofistituant.