UNION DES CATHOLIQUES ET DES LIBÉRAUX
ecclésiastique firent alors remarquer que, sans la liberté de la presse, il serait impossible de propc^r la résistance au monopole de Tinstruction. Cet argument éclaira un grand nombre de catholiques. Bientôt des pourparlers eurent lieu entre les rédacteurs des journaux les plus influents des deux partis, et on jeta définitivement les bases de l'Union. Dans les ouvertures faites aux membres du clergé et de la noblesse, on avait soigneusement distingué la tolérance politique de l'indifférence dogmatique; on s'était expliqué de manière à rassurer les consciences les plus craintives. Un mois s'était à peine écoulé que les sept-huitièmes des pétitionnaires catholiques avaient signé pour les garanties libérales, et les sept-huitièmes des pétitionnaires libéraux pour les garanties catholiques. Les uns et les autres réclamaient maintenant la liberté de l'instruction, des cultes, de la presse, du langage; l'inamovibilité des juges, le jury, la responsabilité ministérielle (1). Au mois de mars 1829, M. Ch. Lehon, de concert avec un député d'Amsterdam, proposa à la seconde Chambre des états généraux de transmettre les pétitions des Belges au roi, en le suppliant de daigner prendre en sérieuse considération l'état alarmant des esprits dans une partie du royaume. Accueillie par la seconde Chambre, cette proposition fut rejetée par la première.
(1) Voyez Documents historiques sur la révolution belge^ publiés par Ad. Bartels, 3' édition, p. 27. — On évaluait le chiffre du premier pétitionnement à plus de 70,000 8ignalures,dont45,000 pour les Flandres.Partout le clergé avait secondé le mouvement; partout aussi les nobles et les journalistes avaient mis leurs noms en tête des signataires.