UNION DES CATHOLIQUES ET DBS LIBÉRAUX
On croyait peut-être enterrer les griefs avec les plaintes ; mais lopinion publique méconnue et dédain gnée ne tarda point à se venger.
L'alliance entre les catholiques et les libéraux, déjà avouée par le pétitionnement et par les nouvelles tendances d'une partie de la presse nationale, allait devenir un levier irrésistible. M. de Potter, qui, de Ja prison des Petits-Carmes, dirigeait l'opinion publique, venait de publier le programme de l'opposition belge dans une brochure célèbre, ayant pour titre : Union des catholiques et des libéraux dans les Pays-Bas. Ce manifeste avait principalement pour but de détruire les derniers scrupules des catholiques et de resserrer leur alliance avec les libéraux. Aider ses adversaires à reconquérir et à conserver leurs droits, c'était travailler, disait l'éloquent publiciste, au triomphe de la liberté générale et de sa propre liberté qui, si elle était exclusive, serait, non liberté, mais privilège, oppression, despotisme, et entraînerait des réactions sans terme comme sans but; c-ontribuer à reconquérir la liberté de la presse pour les incrédules était donc aussi avantageux aux catholiques, que l'émancipation de l'enseignement pour les catholiques devait Tétre aux libres penseurs. « Elle n'a rien d'honorable, » poursuivait M. de Potter, «l'humble » jouissance d'une liberté octroyée comme en France, » et plus ou moins restreinte par des -ordonnances » qui varient avec les caprices du pouvoir; il est » avilissant le cahne de tombeaux que le catholicisme » partage avec les fidèles d'autres cultes sous le lourd