‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 137 sur 329 · INFLUENCE DE L* AVENIR · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE L* AVENIR

tion comme sans privilège, et par conséquent, en faveur des catholiques, la totale séparation de TÉglise et de VÉtat. .. « La vérité, »disaient-ils, « est toute-puis- 9 santé. Ce qui retarde le plus son triomphe, c'est » l'appui que la force matérielle essaye de lui donner, » c'est l'apparence même de la contrainte dans le )> domaine essentiellement libre de la conscience et de j» la raison, c'est la violence brutale qui viole et pro- » fane le sanctuaire de l'âme où Dieu seul a le droit » de pénétrer. Nul ne doit compte de sa foi au pou- » voir humain, et la maxime contraire, directement » opposée au catholicisme dont elle ruine la base, n'a » jamais produit, toutes les fois qu'on la vue appa- » raître, que de sanglantes divisions, des calamités et » des crimes sans nombre ; elle a évoqué des enfers » les duc d'Albe et les Henri VIII... Nous devons le y> dire hautement, nulle liberté possible pour l'Église » qu'à une condition, qui l'arrêtera peu sans doute^ » la suppression du salaire que l'État accorde annuel- » lement au clergé. Quiconque est payé dépend de » qui le paye. C'est ce qu'ont bien senti les catholi- » ques d'Irlande, qui toujours ont repoussé cette » servitude que le gouvernement anglais a plusieurs » fois essayé de leur imposer. La Providence ne » délaisse point ceux qui se confient en elle. Le zèle rt créera des ressources immenses. Plus le prêtre n montrera de désintéressement, d'abnégation de soi- » même, plus les ofirandes de la charité viendront au » devant de ses besoins, et du premier de tous, celui » de soulager les misères dont le secret est chaque

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» jour déposé dans son sein. Ministres de celui qui » naquit dans une crèche, et mourut sur une croix, » remontez à votre origine ; retrempez- vous volontai- » rement dans la pauvreté, dans la souffrance, et la » parole du Dieu souffrant et pauvre reprendra sur » vos lèvres son efficacité première. Sans aucun appui > que cette divine parole, descendez, comme les » douze pêcheurs, au milieu des peuples, et recom- » mencez la conquête du monde. »

Les conséquences naturelles de la séparation de l'Église et de FÉtat étaient, pour les éloquents rédacteurs de Y Avenir : la libre communication avec Rome sans que les évêques rencontrassent un intermédiaire officiel entre eux et le pape ; Tindépendance absolue du clergé dans Tordre spirituel, ce qui excluait Tinfluence que le gouvernement avait exercée jusqu'alors sur le choix des évêques ; la liberté d'enseignement parce que, disait l'Avenir, elle est de droit naturel et, pour ainsi dire, la première liberté de la famille, parce qu'il n'existe sans elle ni de liberté religieuse ni de liberté d'opinions ; la liberté d'association, parce que partout où il existe soit des intérêts, soit des opinions, soit des croyances communes, il est dans la nature humaine de se rapprocher et de s'associer parce que c'est là encore un droit naturel; enfin, la liberté de la presse. « La presse, » disait ï A venir , c ce » n'est à nos yeux qu'une extension de la parole; elle » est, comme elle, un bienfait divin, un moyen puis- « sant, universel, de communication entre les hommes » et l'instrument le plus actif qui leur ait été donné

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