‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 191 sur 329 · OONDUITE DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

OONDUITE DE LA FRANCE

belge, qu'il n'avait jamais entendu s'associer à la sortie en question, ni en partager les principes. M. de Rohaulx ayant demandé pourquoi le ministère usait si tardivement du droit de réfutation, M. Lebeau avoua qu'il avait cédé peut-être un peu trop au premier mouvement que lui causa l'adhésion de la France au protocole du 20 janvier. « N'oublions pas » cependant, » ajouta-t^il, «c que nous avons besoin de » l'amitié de la France. N'allons donc pas nous aliéner » son gouvernement et méconnaître les usages parle- » mentaires. »

Ce n'était pas sans hésitation que le gouvernement français avait donné son adhésion à l'acte de la conférence qui déterminait les limites de la Hollande et de la Belgique. Le prince de Talleyrand avait reçu l'ordre de communiquer aux plénipotentiaires réunis à Londres des observations sur le protocole du 49 février. Tout en reconnaissant que le grand-duché de Luxemboui^, sous la souveraineté de la maison de Nassau, devait rester compris dans la Confédération germanique, le gouvernement français voulait en distraire le duché de Bouillon pour le donner à la Belgique ; en outre, il ne trouvait pas assez équitables

» insultes et de venger la dignité du roi, qui a fait qu*il y a dans le » monde un régent, des ministres, une tribune, un gouvernement enfin »' à Bruxelles. Quelques paroles de respect en échange d^une patrie, » était-ce trop cher ? Son silence est une ingratitude : c'est de plus une » faute politique, car, qui soutiendra la Belgique si ce n'est nous ? Si » M. Lebeau connatt en Belgique un autre patronage que le nôtre qu'il » puisse donner à son pays, nous consentons à ne plus regarder son )0 ingratitude que comme de l'habileté ; sinon que sera-ce? »

ADHÉSION AU PROTOCOLE DU SO JANVIER 4i9

les bases arrêtées pour la répartition de la dette entre les deux parties de l'ancien royaume des Pays-Bas ; enfin, il protestait contre tout principe qui consacrerait un droit d'intervention armée dans les affaires intérieures des différents États de l'Europe. Dans leur réunion du 47 mars, les plénipotentiaires d'Autriche, de la Grande-Bretagne, de Prusse et de Bussie, répondirent que les réserves faites par le gouvernement français relativement au duché de Bouillon, étaient en dehors de la question principale de la séparation de la Hollande d'avec la Belgique, et avaient rapport tout au plus à des détails d'exécution ; en ce qui concernait la dette, ils objectèrent que l'arrangement critiqué par le gouvernement français n'était qu'une proposition faite pour être discutée entre les parties intéressées ; enfin, ils déclarèrent que la conférence n'avait admis dans ses protocoles l'emploi de la force que pour faire cesser les hostilités et pouvoir en empêcher la reprise, ajoutant que le gouvernement français s'était offert à concourir par ses forces navales à l'accomplissement de cet objet. Les plénipotentiaires déclarèrent aussi que les cours dont ils étaient les représentants croiraient sans doute manquer à leur devoir et compromettre leui* dignité, ainsi que l'intérêt général de l'Europe, si elles ne s'opposaient de toutes leurs forces à tout empiétement de la part de la Belgique sur le territoire hollandais. Ils étaient également convaincus que si la Belgique tentait une invasion en Hollande, ou des conquêtes sur elle, le gouvernement français jugerait

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