DÉBATS A LA GHAMBRI£ DES PAIRS 1ST
tocole du 20 janvier était définitive, le ministre dissipa courageusement une des illusions de ses compatriotes ; il démontra non seulement que la majorité du peuple belge ne voulait pas abdiquer sa nationalité, mais encore que l'annexion, désirée par M. de Montalembert, serait désastreuse pour la France. « L'orateur » a parlé, » dit-il, « de notre politique à legard de la » Belgique, politique qu'il a qualifiée de tortueuse et » de perfide. Il a prétendu que le peuple belge s'était 0 offert à nous; qu'il dépendait de mus de réunir à la » France de nouvelles provinces ; q ne non seulement » l'Europe y aurait donné son consentement, mais » qu'elle aurait même favorisé cette réunion. La Bel- » gique s'est ofierte à nous par le vœu isolé de quel- » qves individus; était-ce un motif suffisant pour » opérer une réunion, qui, malgré les assertions de » l'orateur, nous conduisait à une guerre générale, et » sur le continent, et sur la mer? Je prie la Chambre » d'avoir à cet égard quelque confiance en mes » paroles. Mais alors même que cette réunion n'eût » pas rencontré d'obstacles, je doute qu'elle eût été » conforme à l'intérêt de la France. La force de la » France, cette force si imposante, si respectée d'un »> bout à l'autre de l'Europe, consiste principalement » dans l'homogénéité des éléments qui composent son » territoire. A quoi faut-il attribuer la faiblesse des » autres États? A leur formation vicieuse, hétérogène; » à cet amalgame d'États et de provinces opéré le » plus souvent contre le vœu des peuples. L'espoir » d'une séparation entretient dans leur sein des causes