LËOPOLD DE SAXE-00B0UR
» un peuple mécontent, ni de se trouver rattaché
» dans l'esprit de cette nation à une diminution
» du territoire» à l'abandon de ses forces militaires,
» et à l'évacuation de la part des Grecs de leurs
» terres et maisons, d'où les Turcs ne les avaient
» expulsés jusqu'à ce moment que par une incur-
9 sion temporaire... Lorsque le soussigné prévoyait
» qu'il deviendrait souverain de la Grèce, c'était dans
» l'espoir d'être reconnu librement et unanimement
» par la nation grecque, et d'être accueilli par elle
» comme l'ami qui récompenserait sa longue et
» héroïque lutte par la sûreté de son territoire et
» l'établissement de son indépendance sur des bases
» permanentes et honorables. C'est avec le plus pro-
» fond regret que le soussigné voit ces espérances
» déçues, et qu'il est forcé de déclarer que les arran-
» gements arrêtés par les puissances alliées et l'oppo-
» sition des Grecs, lui ôtant le pouvoir de parvenir à
» ce but sacré et glorieux, lui imposeraient un devoir
» d'une nature bien différente, celui de délégué des
» cours alliées pour tenir les Grecs dans la sujétion
» par la force des armes. Une telle mission serait
» aussi contraire à ses sentiments et injurieuse à son
» caractère, qu'elle est directement opposée au but
» du traité du 6 juillet, par lequel les trois puissances
» se sont réunies afin d'obtenir la pacification de
» l'Orient. En conséquence, le soussigné remet for-
» mellement entre les mains des plénipotentiaires un
» dépôt dont les circonsteinces ne lui permettent plus
» de se charger avec honneur lui-même, et avec
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» avantage pour les Grecs on les intérêts généraux » de l'Europe... »
Celui qui avait écrit ces lignes semblait être naturellement désigné pour occuper le trône de Belgique. Ici, il s'agissait également d'asseoir l'indépendance du pays sur des bases sûres et honorables ; d'arracher
aux puissances deux provinces aussi chères à la Belgique que l'Étolie et l'Âcarnanie étaient précieuses pour la Grèce. Qui était plus digne de remplir cette noble mission que le prince Léopold ? Que ne devaiton pas attendre de celui qui avait déjà refusé de rattacher son avènement à une diminution du territoire et à l'oppression de la liberté des Hellènes ?
Dès les premiers jours de la réunion du Congrès, le prince Léopold avait attiré l'attention des membres influents de l'assemblée et du gouvernement. Il eût certainement balancé les chances des ducs de Nemours et de Leuchtenberg si le ministère Laffitte , sondé siu* cette candidature, n'avait montré une opposition insurmontable. Dans la séance du 12 janvier, un des membres du ministère actuel du régent (M. Devaux) avait rappelé l'attention sur le prince Léopold, et, après l'installation du régent, M. Van de Weyer, dans les instructions remises tant à M. Lehon qu'à M. le comte d'Arschot, signalait aussi le prince de Saxe- Coboui^ comme éminemment propre à réconcilier la Belgique avec l'Europe.
Le successeur de M. Van de Weyer au département des affaires étrangères résolut de faire aboutir à un résultat l'idée émise par M. Devaux dans la séance du