‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 203 sur 329 · ABSTENTION DE GUILLAUME IV · texte numérisé non relu

ABSTENTION DE GUILLAUME IV

plus prospères que s'ils étaient séparés. C'est pourquoi, quelque agréable que puisse nous être, à ce que Ton suppose, l'élection du prince Léopold, nous préférerions réellement un arrangement qui tendrait à unir la Belgique à la Hollande. Mais si ce projet ne peut être réalisé, le gouvernement britannique préférera le choix du prince Léopold à tout autre arrangement, parce que le prince, non pas à cause de son alliance avec la maison royale d'Angleterre, mais à cause de son caractère personnel et de sa capacité, est le plus propre à rendre la Belgique heureuse et prospère.

Le roi Guillaume IV était encore plus réservé dans lexpression de ses préférences. Bien qu'il crût désirable de balancer en Belgique l'influence française, il ne voulait pets peser sur le choix du souverain futur, il ne voulait pas que l'on pût dire que le futur roi des Belges devait son élévation à la protection égoïste de l'Angleterre. Il considérait que le crédit de l'Angleterre, son propre crédit et celui de son gouvernement étaient intéressés à maintenir le principe élevé et impartial d'après lequel la question belge avait été traitée jusqu'alors (1).

Le Congrès s'était séparé le 14 avril pour laisser au gouvernement la liberté de s'occuper avec plus d'activité de la négociation nouvelle dont l'objet n'était déjà plus un secret.

(1) Guillaume IV à lord Grey, 10 avril 1831. Correspondence of the laU earl Orey, etc., t. 1", p. 210 et suiv.

444 RAPPEL DU COMTE d'aRSCHOT

M. le comte d'Arschot se trouvait encore en Angleterre, mais sans espoir d'être reconnu par le cabinet britannique en qualité de ministre plénipotentiaire auprès de la cour de Saint-James. Lord Palmerston venait de lui répéter que toute relation avec l'Angleterre était imposible aussi longtemps que la Belgique n'admettait point le protocole du 20 janvier ; que les cinq puissances étaient d'accord pour en maintenir les décisions et que M. le comte Sébastiani venait d'en réitérer l'assurance ; que, dans cet état de choses, l'Angleterre ne reconnaîtrait le choix d'aucun prince, fût-ce le duc de Cambridge, mais que du moment où l'on se serait mis d'accord quant aux limites, on s'entendrait facilement sur tout le reste, et que les Belges trouveraient alors dans le cabinet anglais des dispositions extrêmement favorables. Et, en effet, lord Ponsonby avait été chargé de dire à M. Lebeau que les dispositions du gouvernement anglais à l'égard de la Belgique étaient aussi amicales que celles de la France, — avec cette différence que l'intérêt de l'Angleterre est que la Belgique demeure indépendante, tandis que la France voudrait que la Belgique tombât en son pouvoir, et conséquemment qu'elle se dégoûtât de son indépendance.

M. Lebeau voulut profiter du séjour de M. le comte d'Arschot en Angleterre, en le chargeant de faire quelques démarches officieuses auprès <lu prince de Saxe- Cobourg. M. d'Arschot ayant opposé, comme obstacle à cette mission, le refus qu'on faisait de l'admettre officiellement en qualité de ministre belge, M. Lebeau

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