‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 208 sur 329 · IMPRESSION A BRUXELLES · texte numérisé non relu

IMPRESSION A BRUXELLES

» je me suis trouvé dans tant de positions singulières » et difficiles que j*ai appris à ne considérer le pou- » voir que sous un point de vue philojsophiqne. Je ne » l'ai jamais désiré que pour faire le bien, et le bien » qui reste. Si certaines JiflScultés politiques, qui me i> semblaient s'opposer à l'indépendance de la Grèce, » n'avaient surgi, je me trouverais maintenant dans » ce pays, et cependant je ne me dissimulais pas quels y> auraient été les embarras de ma position . Je sens » combien il est désirable pour la Belgique d'avoir un » chef le plus tôt possible; la paix de l'Europe y est » même intéressée. »

Dans le cours de la conversation, le prince, après avoir fait un grand éloge du roi Louis-Philippe, signala la nécessité qu'il y avait pour les Belges de conserver des relations d'amitié et de bon voisinage avec la France, relations qui doivent être intimes, disait-il; mais non exclusives. Telle est, en effet, la politique qui convenait dès lors à notre pays. La Belgique ne doit être vassale d'aucune puissance, mais elle doit chercher à s'unir avec toutes.

lorsque les détails de cette première entrevue par* vinrent au ministre belge qui avait assumé la responsabilité de cette négociation, ils allégèrent le poids de ses soucis. « Je vous recommande la persévérance, » écrivit-il aux députés. <? Ne vous découragez pas, de » grâce, aux premiers mots... Le calme le plus par- » fait continue à régner en Belgique. Il tient beau- » coup à l'espérance qui est dans tous les esprits. Ce » peuple, qu'on calomnie si indignement, est à con-

458 INSTRUCTIONS DE M. tEBEAU

» duire avec un fil de soie, du moment où on le traite » avec franchise et loyauté... Je suis enchanté que le » prince reconnaisse la nécessité politique de prêter » le serment sans restriction et d'accepter la Constitu- » tion sans réserve; sa popularité sera dès lors • immense. » Malgré la force des objections du prince contre toute acceptation de la couronne belge avant un arrangement sur la question des limites et sur celle de la dette, M. Lebeau chargea les commissaires d'insister pour une acceptation immédiate et sans ooqdition. En acceptant la couronne sans sacrifice territorial, le nouveau roi, disait-il, arrive en Belgique avec toute sa popularité ; il aura un titre pour négocier sur les différentes questions dont la conférence s'est saisie, et son inQuence devra peser de la manière la plus efiicace sur cette négociation. L'avènement immédiat du roi a d'ailleurs pour nous d'immenses avantages, disait^ril encore : il porte le découragement tout à la fois chez les partisans d'une restauration et chez ceux qui songent encore à une réunion à la France ; il fait avorter les projets de partage mis plusieurs fois en avant par certains cabinets ; il calme l'agitation révolutionnaire entretenue par une situation provisoire et met fin aux espérances du parti démagogique, trop faible, sans doute, même avec ses alliés de la propagande parisienne, pour exposer le pays à un danger sérieux, mais assez énergique pour susciter quelques troubles et menacer la tranquillité publique. Si, pour nous réconcilier avec l'Europe et amener la reconnaissance de la Belgique et de son roi, ajoutait le ministre,

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