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des sacrifices de territoire et d'argent sont reconnus indispensables, et qu'il n'y ait pas d'autre alternative que de céder ou de s'exposer à une lutte, trop inégale pour ne pas être insensée, avec les grandes puissances, la Constitution belge ne fait nul obstacle à de telles concessions. Elle a même positivement prévu le cas où des cessions de territoire seraient faites.
Les commissaires belges avaient eu avec le prince, le 24 avril, une seconde entrevue, non moins importante que la première. Le prince ne dissimula ni ses désirs ni ses appréhensions ; il montra une loyauté et nn désintéressement qui devaient encore le rehausser dans l'esprit des députés. « Vos limites, » leur dit-il, <f sont la grande difficulté. Le protocole du 20 jan- » vier est chose irrévocable ; les cinq grandes puîs- B sances sont décidées à le maintenir, et la France » même, qui d'abord avait hésité, avait refusé son » adhésion, l'admet aujourd'hui sans restriction (1). » Il serait donc à désirer que vous vous missiez d'acn cord à cet égard avec les puissances, du moins rela- » tivement au principe; pour la mise à exécution, on » pourra entrer en négociation. Alors je pourrais » accepter l'offre flatteuse que vous voulez bien me D faire, mais pour autant quune grande majorité par- » ticipât à mon élection, car je ne voudrais pas être » dès le principe une cause de désunion. » Les députés répondirent au prince que du moment où ils pour*
(i) Le ministère français insistait alors Tortement auprès du gouvernement du régent pour que celui-ci adhérât également m protocole du ^0 janvier.
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raient être sûrs de son acceptation, ils n'hésiteraient pas à lui garantir qu'un grand nombre de voix se réuniraient pour l'appeler au trône. lis lui donnèrent ensuite de longues explications sur les deux provinces que la conférence contestait à la Belgique. « Pour le » Limbourg, » répondit le prince, « je crois qu'il n'y » aura pas de difficulté ; le point principal, celui sur » lequel les puissances ne veulent nullement céder, » c'est le Luxembourg. Or, vous sentez combien ma » position serait pénible si j'étais maintenant à la tête » de vos affaires. Admettons qu'il y eût nécessité de re- » noncer à une partie du territoire : la proposition » devrait émaner du gouvernement, et dès lors des » défiances pourraient s'élever contre moi ; on pourrait » supposer, quoique bien à tort, que je prête l'oreille » à d'autres intérêts que les vôtres. Mais si le Congrès j» voulait conclure un arrangement, la nation elle- » même serait censée l'avoir fait, et toute défiance y' deviendrait impossible. Ma position actuelle est » celle où je me trouvais lorsque le trône de la Grèce » me fut offert ; alors aussi les puissances voulaient » séparer de la Grèce l'Acamanie et l'Étolie : le Sénat » grec refusait d'y consentir. Voyant, d'un côté, l'im- » possibilité de faire triompher les vues du Sénat ; de » l'autre, ne voulant pas paraître l'instrument des » puissances, je préférai renoncer au trône. ^ Le prince rendit de nouveau hommage au caractère belge et à la gloire de notre nation ; il fit remarquer que c'était, pour ainsi dire, en Belgique, que l'Angleterre même avait puisé sa civilisation. Noble souvenir