DEUXIËBIE ENTR£VUE AVEC LE PRINCE
pour la Belgique! Oui, elle peut rappeler avec orgueil ce temps où la Flandre était Técole de l'Europe et l'entrepôt du monde : c'est dans nos florissantes communes que les Anglais, sous le règne d'Edouard III, venaient étudier les progrès de l'industrie et la puissance des grandes libertés populaires, o Mais, » ajouta le prince, « on m'objecte, quand je parle dans votre » intérêt, que les Belges seraient trop heureux si, » après quelques mois, ils obtenaient, avec leur indé- » pendance, tout ce qui fait l'objet de leurs préteno tiens, tandis que tous les autres peuples ont dû » souffrir et combattre des années pour conquérir i> cette indépendance. » Il cita la guerre de l'Amérique du Nord contre la Grande-Bretagne, et la lutte presque séculaire de l'ancienne république des Provinces-Unies contre l'Espagne. Les députés, invoquant les traditions nationales, rappelèrent que les anciens Pays- Bas catholiques n'avaient jamais formé ni une province espagnole ni une province autrichienne; que, régis par leurs propres lois, ils n'avaient pas été incorporés au royaume des Espagnes et à l'empire d'Autriche. Us rappelèrent encore que, l'année précédente, les Belges dans lesquels il fallait comprendre les habitants de l'ancienne principauté de Liège, n'avaient fait que reprendre leur ancien état et qu'ils ne demandaient rien que de juste ; qu'ils jouissaient, avant la révolution française, des libertés les plus étendues; qu'à l'entrée des troupes alliées, en 1814, les généraux de la coalition avaient promis de rendre aux peuples délivrés du joug français leurs droits anciens ; qu'ainsi