TROISIÈME EUTREVUE AVEC LE PRINCE
les Belges et les Liégeois, en recouvrant une existence libre et indépendante, ne mangeaient pas du fruit nouveau pour eux, mais reprenaient ce qui leur appartenait précédemment aux titres les plus légitimes.
Une nouvelle entrevue eut lieu le 30. Le prince resta dans la même réserve, malgré les instances des envoyés. Ils le prièrent à différentes reprises, mais en vain, de vouloir sinon leur donner une réponse catégorique, du moins les autoriser à écrire en Belgique qu'il leur avait fait espérer d'accéder à leurs vœux. Sa réponse fut constamment la même* « Les limites, » disait-il, « toujours les limites ! » Du reste, il laissait clairement entrevoir qu'il n'éprouverait aucune répugnance à se rendre aux vœux des Belges, dès qu'ils seraient parvenus à vider leurs différends. Mais il ne cachait point qu'il serait bien difficile de faire revem'r les puissances de leur protocole du 20 janvier ; il ajouta que, dans l'adhésion que la France y avait donnée, elle avait même été au delà de ce à quoi elle était tenue.
Le tefnps pressait. Les partis, après le premier moment de surprise causée pw la démarche faite à Londres, commençaient à s'agiter de nouveau en Belgique ; les orangistes et les partisans de la réimion à la France semblaient prêts à faire un effort désespéré ; les amis même du cabinet se montraient impatients ; enfin le ministère voyait se former une nouvelle crise dont il n'espérait guère pouvoir triompher. Et cependant la conférence restait inflexible ; la Russie défendait plus