PROTOCOLE DU 17 AVRIL
autorisé à ne communiquer ofQciellement le protocole du 17 avril au gouvernement belge qu'après avoir, de concert avec le général Belliard, usé de toute son influence afin de faire généralement sentir l'avantage que les Belges recueilleraient d'une acceptation immédiate et franche des bases de séparalion, auxquelles le roi des Pays-Bas avait déjà complètement adhéré. Du reste, il était décidé que la com-» munication officielle aurait lieu en toute hypothèse avant le l^^^du mois de juin. Si ces bases n'étaient pas acceptées par le gouvernement belge le l^*" juin, les plénipotentiaires étaient convenus pour ce cas : qu'une rupture absolue de toutes relations aurait lieu entre les cinq puissances et les autorités qui gouvernaient la Belgique ; que les cinq puissances, loin de s'interposer ultérieurement auprès de la Confédération germanique, comme ils l'avaient fait jusqu'alors, pour retarder l'adoption des mesures que la Confédération s'était décidée à prendre dans le grand-duché de Luxembourg, ne pourraient que reconnaître ellesmêmes la nécessité de ces mesures ; que si les Belges enfreignaient l'armistice qu'ils devaient observer à l'égard de la Hollande et attaquaient son territoire, les cinq puissances, avec lesquelles ils se mettraient ainsi ipso facto en état d'hostilité par la violation des engagements qu'ils avaient contractés envers elles dès le 21 novembre 1830, auraient à concerter les mesures qu'elles croiraient de leur devoir d'opposer à de telles attaques, et que la première de ces mesures consisterait dans le blocus de tous les ports de la Belgique ;
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enfin, que si ces déterminations se trouvaient insuffisantes, la conférence de Londres, agissant au nom des cinq cours, arrêterait d'un commun accord les mesures ultérieures que les circonstances pourraient exiger.
A la réception de ce protocole, qui pouvait avoir pour résultat de pousser les Belges au désespoir, lord Ponsonby résolut de se rendre lui-même à^ Londres (il partit le 13 mai) afin d'exposer en personne à la conférence l'état véritable des choses en Belgique et tâcher d'obtenir des conditions moins dures (1). Cette démarche était faite avec le plein, assentiment du général BeUiard, qui en avertit le prince de Talleyrand en le priant de Seconder les efforts du diplomate anglais. L'initiative prise en cette circonstance par le général BeUiard reçut d'ailleurs l'approbation du gouvernement firançais.
La mission véritable de lord Ponsonby en Belgique était de faire prévaloir les principes de l'équilibre européen : c'est pourquoi il avait soutenu les prétentions de la maison de Nassau tant qu'il avait pu craindre la rupture de l'équilibre par la réunion directe ou indirecte de la Belgique à la France: L'attitude impartiale du second ministère du régent l'ayant rassuré, il n'avait pas hésité à délaisser les Nassau et
(1) Lord PoDsoDby avait écrit trôs confidentieUement à lord Grey qa*il redoutait au plus haut point les conséquences des inflexibles résolutions de la conférence : elles pourraient, disail-il, renverser le ministère et rétablir au pouvoir le parti français naguère vaincu, les alliés de I^fayelte, les auxiliaires d*une guerre de propagande.