MISSION DE LORD PONSONBT
à prêter au gouvernement beige un concours franc et loyal, pour faire triompher une combinaison plus propre à maintenir la balance entre les grandes puissances que la restauration de l'ancienne dynastie.
Dès ce moment, la Belgique allait recueillir les fruits des négociations ouvertes auprès du prince de Saxe-Cobourg par le ministre des affaires étrangères, et de lappui que lui prétait le commissaire de la conférence.
M. Lebeau attendait avec angoisse le retour de lord
Ponsonby ; il lui écrivait le 21 mai : « ... Encore quelques retards, et nous allons tomber dans Tanarchie. J'entends craquer Tédiflce. Il ne faut rien moins que le support vigoureux de l'élection pour l'empêcher de s'écrouler. Mais quel effet magique produirait l'élection I ... »
Enfin, le 23, M. Lebeau donne lecture au Congrès d'une note qui lui avait été transmise le matin même par le général Belliard. Il résultait de cette communication que les propositions remises par lord Ponsonby avaient été accueillies pai* la conférence de Londres, et que cellcrci allait ouvrir une négociation pour faire obtenir à la Belgique la cession du duché de Luxembourg, moyennant une indemnité (1).
(il La veille, c*e8t-à-dire le 22 mai, dans une lettre à lord Palmerston, le prince Léopold exprimait le désir formel qu*aucune promesse de sa part ne fût faite par lord Ponsonby aux Belges. En Tabsence d'une réponse décisive du roi de Hollande en ce qui concernait le Luxembourg, il ne pouvait, disait-il, remuer d*un pouce de la position qu*it avait prise dès le commencement.
49t CONCESSION DE LA CONFÉRENCE
M. de Robaulx demande aussitôt si les propositions remises par lord Ponsonby étaient faites de la part de la Belgique, et si on voulait faire acheter aux Belges ce qu'ils avaient déclaré leur appartenir. M. Lebeau répondit qu'il n'avait pu ni dû chaîner lord Ponsonby de faire des propositions tendant à céder une partie quelconque du territoire ; que si ce diplomate avait fait des propositions de ce genre, il n'avait pu agir que d'une manière officieuse.
Le ministre donna également connaissance d'une lettre qui lui était adressée par sir Ralph Abercrombie, remplaçant lord Ponsonby. Elle lui demandait, au nom du gouvernement anglais, une description authentique du pavillon national de la Belgique, attendu que des ordres avaient été donnés pour admettre dans les ports britanniques les bâtiments portant ce pavillon.
La conférence venait donc de fai re un premier pas dans la voie des concessions. Le 21 mai, les représentants des puissances avaient constaté d'abord qu'il résultait des renseignements donnés par lord Ponsonby: que l'adhésion du Congrès belge aux bases de séparation de la Belgique d'avec la Hollande serait essentielle* ment facilitée, si les cinq cours consentaient à appuyer la Belgique dans son désir d'obtenir, à titre onéreux, l'acquisition du grand-duché de Luxembourg ; que le choix d'un souverain étant devenu indispensable pour arriver à des arrangements définitifs, le meilleur moyen d'atteindre le but proposé serait d'aplanir les dilficultés qui entraveraient l'acceptation de la souve-