‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 22 sur 329 · S8 GRIEFS DES BELGES · texte numérisé non relu

S8 GRIEFS DES BELGES

ties du royaume.il résultait de cette injuste égalité que, par la pusillanimité ou la défection de quelques députés belges, la victoire n'échappait jamais à la majorité hollandaise. Un moment vint néanmoins où les protestations, apportées au pied du trône par un pétitionnement général, troublèrent l'impassibilité du monarque. En faisant droit à des réclamations légitimes, le gouvernement aurait pu encore conjurer l'orage ; mais, frappé d'aveuglement, il se roidit contre la manifestation des vœux de la majorité, et courut à sa perte.

Le message royal du 11 décembre 1829 fut considéré par les patriotes comme une menace. Irrité contre les adversaires de la suprématie hollandaise, Guillaume h^ avait jugé utile de communiquer aux députés de la nation son opinion personnelle sur la marche de son gouvernement : « Au milieu de la paix au » dehors, de la tranquillité au dedans, au sein de la » prospérité de tcmt de branches d'industrie, sous le » régime de lois modérées et de la liberté politique et » civile, nous voyons, disait-il, un petit nombre de » nos sujets, abusés par l'exagération et excités par » l'effervescence de malintentionnés, méconnaître tous » ces bienfaits, et se mettre en opposition, de la » manière la plus dangereuse et la plus scandaleuse, » avec le gouvernement, les lois et mes intentions

GHIEFS DES BELGES f»

» paternelles. La licence de la presse, de cette presse » dont nous aurions désiré assurer la liberté avec » moins d'entraves que dans tout autre pays de TEu- » rope, n'a malheureusement que trop contribué à » semer l'inquiétude, la discorde et la méfiance ; à » propager des doctrines aussi subversives des institu- » tions sociales, quelle que soit d'ailleurs la forme de » ladministration de l'État, qu'entièrement contraires » au gouvernement des Pays-Bas établi par la loi fon- » damentale, et à ces droits de notre Maison, que nous » n'avons jamais désiré exercer d'une manière illimi- » tée, mais que, de notre propre mouvement, nous » avons restreints autant que nous l'avons jugé com- » patible avec la prospérité durable, les mœurs et le A caractère de la nation. »

Ces paroles du trône, offensantes pour le pays annexé à l'ancienne république des Provinces-Unies comme accroissement de territoire, retentirent douloureusement dans le cœur des Belges, augmentèrent la haine qu'ils nourrissaient contre la suprématie hollandaise, et hâtèrent une explosion dès lors prédite et, à certains égards, inévitable.

Depuis les ducs de Bourgogne, la nationalité belge n'avait pas cessé d'exister, tantôt triomphante, tantôt opprimée, mais toujours persistante et vivace. Ni l'Espagne, ni l'Autriche, ni la France, ni la Hollande

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