‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 231 sur 329 · TOUS · texte numérisé non relu

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préalable du prince de Saxe-Cobourg ne pourrait se fture qu'aux dépens de l'honneur national, car, disaient ceux-là, les lettres du général Belliard et de lord Ponsonby ne modifiaient en rien les décisions antérieures de la conférence. M. Jottrand était convaincu que le prince de Saxe-Cobourg pourrait être pour la Belgique un choix heureux; toutefois, il proposait d'ajourner son élection afin qu'elle pût être faite un jour avec fruit; d'après lui, le moyen d'avoir pour roi le prince de Saxe-Cobourg n'était pas de l'élire immédiatement mais de faire la guerre, qui seule pouvait terminer la question territoriale. Après s'être élevé avec énergie contre la lettre menaçante de lord Ponsonby, M. Alex. Gendebien conjura le Congrès de ne pas se soumettre à des conditions humiliantes, a La guerre donc ! » s'écria-t-il ; o la guerre, puisqu'il la faut ! Et qu'à n la première menace, toute la nation se lève contre » les ennemis. » La Belgique, suivant M. Gendebien, ferait un appel à la sympathie des peuples, au risque de succomber, mais du moins l'honneur serait sauf. Il accusa le ministère de vouloir entrsuner le pays dans un cercle vicieux, d'où il ne pourrait sortir que par une mystification et par l'acceptation des protocoles.

La proposition de M. Blai^ies fut également défendue avec beaucoup d'énergie. L'élection immédiate allait compromettre, suivant les partisans de ce système, l'honneur de la révolution. En cédant volontairement, le Congrès découragerait l'armée et les volontaires, perdrait toute force morale, toute consis-

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tance à l'intérieur et au dehors. La force du Congrès était dans la crainte d'une réunion à la France ; il fallait savoir en tirer parti, et dire que la Belgique, telle qu'on l'avait faite par les protocoles, devrait infailliblement demander le rétablissement de l'ancienne dynastie ou son incorporation à la France. La force des Belges était aussi dans la crainte qu'ils ne devinssent cause de guerre ; il fallait se maintenir dans cette position menaçante et en profiter pour obtenir des concessions. Élire immédiatement, c'était, enfin, recounmtre les protocoles, c'était au moins exposer le territoire à un démembrement certain ; c'était se mettre en contradiction avec les actes les plus honorables du Congrès.

Le ministère, soutenu par la majorité, repoussait également et le système belliqueux, qui eût fait périr la révolution, et le système de M. Blai^ies, qui aurait pu tout au moins compromettre la solution heureuse qui lui était dès lors promise.

Après huit mois d'un provisoire que chacun proclamait dangereux, intolérable, était-il prudent, demandait le ministère, de s'engager dans de nouvelles négociations dont personne ne pouvait assigner le terme, et cela sous la menace toujours imminente d'un partage ? Le Congrès était sans appui, sans patron auprès des cinq cours, et il aurait eu la folle prétention de les faire fevenir sur leurs décisions relatives au territoire belge ! On faisait sonner bien haut la menace perpétuelle d'une réunion à la France ; mais Louis-Philippe ne voulait pas de cette

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