‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 243 sur 329 · MISSION DE MM. DEVAUX ET NOTHOMB · texte numérisé non relu

MISSION DE MM. DEVAUX ET NOTHOMB

avait suivi à Londres, à la fin du mois de mai, la première députation belge ; il avait pu apprécier la haute raisou, le jugement calme, la droiture, le tact parfait de ce citoyen éminent. Son jeune collègue, transporté sur un théâtre digne de sa rare intelligence, alladt y paraître avec les avantages que lui donnaient une étude profonde des questions diplomatiques et les ressources d'un esprit déjà rompu aux affaires les plus épineuses. Le prince témoigna d abord aux négociateurs combien il était touché des sympathies qu'il avait rencontrées en Belgique et de la manière dont l'avait traité même la minorité du Congrès. Repoussant ensuite avec indignation l'imputation du Courrier ^ il dit aux commissaires qu'il était étranger au dernier acte de la conférence ; qu'elle s'était d'ailleurs bornée à rappeler lord Ponsonby, assimilant le décret adopté par le Congrès le 2 juin à une nouvelle protestation contre les protocoles, mais qu'elle comptait néanmoins sur des négociations ultérieures. — «Vous m'avez » envoyé, » poursuivit-il, « des hommes de beaucoup > de patriotisme ; mais jusqu'à présent, personne n'a » pu m'indiquer un plan. En avez-vous un ? » — M. Nothomb, qui avait gardé le silence, prit alors la parole. — « Le prince Léopold, » dit-il, « doit-il se ren- » dre en Belgique sans arrangement préalable avec la » conférence ou après un arrangement? C'est la pre- » mière question à examiner. Je crois qu'il faut un » arrangement préalable ; le roi nouveau pourrait » être désavoué par les puissances qui ne seraient » pas liées avec lui et qu'il aurait momentanément

TOHB U 16

Page 1