S8S MISSION DE MM. DEVAUX ET NOTHOMB
durent reconnaître que s'ils persistaient dans une lutte inégale contre l'Europe, s'ils demeuraient inflexibles en face de la conférence, ils allaient vouer leur pays à des calamités sans fin. Ce fut sous le poids de cette pénible conviction qu'ils se décidèrent à sacrifier momentanément leur popularité à la raison d'État, au salut public.
Par son décret du 2 juin, le Congrès avait autorisé le gouvernement à ouvrir des négociations pour ter miner toutes les questions territoriales au moyen de sacrifices pécuniaires^ et à faire des offres formelles dans ce sens.
Ces offres ne purent être faites à la conférence, car elle était déterminée à ne p6is se départir des bases de séparation consignées dans les protocoles. Les membres de la conférence, qui paraissaient le plus favorables à la Belgique, proposaient de laisser à la Hollande le Limbourg entier, de Yenloo & Maestricht, moins l'arrondissement de Hasseit, en échange du Luxembourg. Les deux commissaires du régent se récriérent énergiquemeut contre cette proposition ; mais tous leurs efforts pour conserver la Belgique du Congrès échouèrent. En dehors de cette mission, ils étaient sans pouvoir. Toutefois, en présence des résolutions mêmes que la conférence déclarait immuables, ils crurent pouvoir encore être utiles à leur pays.
Le mémoire rédigé par M. Nothomb indiquait les ressources que le protocole du 20 janvier 1831 offrait à la Belgique relativement aux enclaves. Il servit de