‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 250 sur 329 · MISSIOX DE MM. DE VAUX ET NOTHOMB S · texte numérisé non relu

MISSIOX DE MM. DE VAUX ET NOTHOMB S

base à un projet d'arrangement, primitivement conçu chez le prince Léopold.

Ce plan embrassait la rive gauche de l'Escaut, le Luxembourg et le Limbourg : il était fondé sur le principe fondamental du protocole du 20 janvier qui assignait à la Hollande le statu quo de 1790, et à la Belgique tout ce qui était en dehors de ce statu quo. Les négociateurs voulaient abandonner le territoire sm» la rive gauche de TEscaut, parce que ce territoire appartenait à la Hollande avant 1790, et en outre parce que les habitants ne s'étaient pas associés à la révolution. Mais, d'autre part, ils exigeaient que la conférence assurât immédiatement la possession du Luxembourg à la Belgique moyennant une indemnité pécuniaire, ou sinon qu'elle décidât que la question luxembourgeoise resterait séparée de la question belgehollandaise. Enfin, les négociateurs cherchaient à conserver la totalité du Limboui^ par ïéchange des enclaves. Ils ne contestaient pas que Venloo et cinquante-trois villages, compris dans la province de Limbourg, appartenaient avant 1790 à la république des Provinces-Unies; mais ils proposaient d'acquérir ce territoire par la cession des enclaves que la Belgique possédait dans les provinces septentrionales, que ces enclaves eussent appartenu aux Pays-Bas autrichiens, au duc de Clùves, à l'électeur palatin ou à des seigneurs féodaux. Il suffisait, dans le système des négociateurs, que la Hollande ne pût fournir une preuve affirmative pour que le territoire contesté fît retour à la Belgique.

tu MISSION DE MM. DEVAUX ET NOTHOMB

La majorité de la conférence, vaincue par les efforts des représentants belges, trouva dans ce système un prétexte suffisant pour modifier ses premières décisions sans paraître y renoncer. D'un côté, on désirait faciliter Favénement du prince Léopold ; de l'autre, on voulait mettre fin & une crise inquiétante. Sans se lier en rien, sans engager d'aucune manière leur gouvernement, MM. Devaux et Nothomb eurent communication officieuse des propositions que la conférence se montrait disposée à rédiger. Leurs énergiques représentations, secondées par l'active influence du prince de Saxe-Coboui^, contribuèrent grandement à améliorer le texte et la portée des préliminaires de paix que la conférence proposa enfin & la Belgique et à la Hollande.

Ce succès, car on peut bien donner ce nom à l'ensemble des concessions obtenues de la conférence, ce succès fut le résultat des importantes négociations dont nous allons continuer le récit. Il' s'agissait de fixer les destinées de la Belgique par l'avènement du prince Léopold ; il s'agissait de faire reconnaître par l'Europe la Belgique indépendante et le roi qu'elle s'était choisi. Malgré la gravité des circonstances, les représentants du gouvernement belge ne se présentèrent pas en suppliants devant les ministres des grandes puissances ; ils firent valoir avec fierté les droits de leur patrie ; ils défendirent ses intérêts avec intelligence ; ils réussirent à obtenir de la conférence sinon une rétractation formelle de l'arrêt qu'elle avait prononcé antérieurement, du moins des modifications

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