‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 251 sur 329 · MISSION DE MM. DËVÂUX ET NOTHOMB S · texte numérisé non relu

MISSION DE MM. DËVÂUX ET NOTHOMB S

considérables aux décisions déclarées naguère encore définitives et irrévocables.

Dès le 9 juin, les deux négociateurs avaient eu avec lord Palmerston une entrevue de trois heures, dans laquelle ils lui avaient expliqué le sens du décret voté par le Congrès le 2, et cherché à faire prévaloir l'intégrité territoriale de la Belgique. Ils demandèrent que la question luxembourgeoise fût séparée de la question belge ; que Tarrangement à intervenir pour le Luxembourg fût abandonné à la Cou "édération germanique et au roi des Belges, lequel, malgré le statu quo, serait reconnu immédiatement, si la question du Limboui^ était décidée. Cette déclaration obtenue de la conférence, les envoyés du gouvernement belge pourraient entrer en négociations en portant tous leurs efforts et toutes leurs ressources sur le Limbourg seul. M. Devaux montra quel devait être en cela le rôle de l'Angleterre ; il soutint que le ministère anglais pouvait prendre une espèce d'initiative, et qu'il devait donner aux Belges l'appui que leur prétait autrefois la France.

Lord Grey, que les commissaires belges virent le lendemain, émit d'abord l'opinion qu'il fallait adhérer aux bases de séparation, sauf les arrangements ulté^ ineurs ; les négociateurs se montrèrent inflexibles. Le prince Léopold avait engagé M. N(>thomb à exposer au chef du cabinet anglais le système des enclaves. Lord Grey était attentif, mais ne comprenait pas la portée sérieuse de ce système. Pour rendre sa déduction plus saisissante, M. Nothomb posa cette question :

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a Si, en 1790| Amsterdam n avait pas appartenu à la » république des Provinces-Unies, & qui appartien- » drait Amsterdam d'après les art. 1 et 2 du protocole » du 20 janvier ? » Lord Grey fut obligé de répondre : a A la Belgique. » Ouvrant alors un ancien atlas, M. Nothomb montra les enclaves de Sevenaar et de Huyssen qui, en 1790, n'appartenaient pas à la république des Provinces-Unies, mais au duché de Clèves (Prusse). Lord Grey s'écria : « La conférence n'a pas » vu toute la portée du principe qu'elle a posé; » mais c'est fait, soyez discret, et revoyez le prince. » En effet, vous pouvez créer une situation nouvelle » et tout à fait imprévue. »

M. lebarondeBulow, représentant de la Prusse, voulait une adhésion préalable et immédiate au protocole du 20 janvier. Les négociateurs insistèrent, au contraire, sur l'intérêt qu'aurait la Prusse rhénane de voir les Belges maîtres de la Meuse et d'entretenir avec eux, par une autre voie que le Rhin, un commerce de transit ; ils insistèrent de nouveau pour la mise hors de cause de la question du Luxembourg. Dans cette entrevue avec l'ambassadeur de Prusse (11 juin), il fut surtout question de Maestricht. M. de Bulow prétendait que cette ville avait appartenu en entier en 1790 à la république des Provinces-Unies. M. Nothomb, qui s'était muni de tous les documents, n'eut pas de peine à établir à l'évidence que la souveraineté de Maestricht était avant 1790 indivise entre la république des Provinces-Unies et l'évêque de Liège. Toutefois, M. de Bulow n'en convint que dans la confé-

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