LES ADVERSAIRES DU MINISTÈRE
une manifestation qui pouvait avoir les conséquences les plus graves ; et la magistrature communale avait décrété que des couleurs étrangères portées par un individu quelconque seraient regardées comme un fait séditieux. Des mesures de précaution avaient également fait avorter le complot dirigé contre le monument de Waterloo, tandis que le gouvernement donnait satisfaction à des susceptibilités respectables. En effet, le ministre de l'intérieur informa les gouverneurs que les modifications amenées par la révolution dans les relations politiques de la Belgique s'opposaient à ce que l'anniversaire de la bataille de Waterloo fût encore célébré par des fêtes et des solennités : « Que le » Te Deum du 18 juin reste aboli, » disait un des organes du parti national, » pourvu que le lion de » Waterloo demeure debout, et continue pour les » nations voisines à servir de témoignage de notre » volonté et de notre courage à défendre l'indépen- » dance de la Belgique contre tout agresseur injuste. » Pour agiter les populations, mille bruits alarmants étaient répandus par les fauteurs d'anarchie ; tantôt c'étaient les Prussiens qui étaient entrés à Maestricht, d'autres fois c'étaient les troupes de la Confédération qui avaient envahi le Luxembourg. Mais cette tactique ne produisit pas l'effet qu'en attendaient ceux qui l'avaient mise en usage. Le bon sens du peuple faisait justice de ces manœuvres anarchiques. L'indiscipline des volontaires créait des dangei's plus graves. « Hier, depuis huit heures du soir jusqu'à D une heure après minuit, » écrivait, le 12 juin, le