LES ADVERSAIRES DU MINISTÈRE
régent à M. de Gerlache, « j'ai reçu d'Anvers trois » avis différents, pour me prévenir que, contrairex> ment à mes ordres les plus formels, l'on continue » les travaux d'attaque contre la citadelle. Le minisx> tre de la guerre a fait partir pendant la nuit un » officier pour réitérer les ordres de cesser les » travaux. Mais à quoi sert de commander, quand on » n'obéit pas ? Ainsi je prévois que l'on commencera » la guerre partout à la fois et malgré moi... »
Les dispositions pacifiques et conciliantes préva* laient à Lon 1res. Un dernier obstacle avait été surmonté par les commissaires du régent. A Vultimatum du prince Léopold, M. de Bulow avait voulu opposer un projet d'après lequel la Belgique aurait donné une adhésion condilionnelle au protocole du 20 janvier. Ce projet eût enlevé au gouvernement belge la possibilité de se soustraire à la domination de la conférence et*de négocier directement avec la floUande sur les enclaves et les dettes. La conférence, constituée en permanence, eût veillé à l'exécution du traité et fait payer à la Belgique la dette par anticipation. Elle aurait déclaré la Belgique indépendante, en lui interdisant pour longtemps encore l'exercice de l'indépendance. Le prince Léopold repoussa énergiquement ce projet ; il voulait que les arrangements du moment fussent tels qu'ils ne liassent pas à tout jamais les Belges dans l'avenir. Le projet de M. de Bulow^ ayant été rejeté le 19 juin, la conférence entra enfin dans les vues des commissaires du régent.
Le 21 juin, Guillaume IV, ouvrant le parlement
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chargé d'accomplir la réforme attendue par la Grande- Bretagne, avait laissé entrevoir la solution prochaine de la question belge.
« Les discussions qui ont eu lieu sur les affaires de » la Belgique, » disait-il, « ne sont pas encore arrivées 3» à une conclusion ; mais l'accord le plus complet con- » tinue à subsister entre les puissances dont les plé* n nipotentiaires ont figuré dans les conférences de » Londres. Le principe qui a présidé à ces conférences » a été celui de la non-intervention dans les droits » du peuple belge à régler ses affaires intérieures, et ^» à établir son gouvernement d'après les bases qu'il 9 r^arde comme les plus propres à assurer son » bonheur futur, son indépendance, et sous la seule » condition, condition sanctionnée par les coutumes » des nations, et fondée sur les principes du droit » public, que l'exercice de ce droit incontestable » ne portera nul atteinte à la sécurité des États » voisins. »
Quatre jours après, ce passage du discours du trône devint le texte d'une discussion remarquable qui s'engagea, à la Chambre des lords, entre les chefs des tories et le chef des whigs, lord Aberdeen, le duc de Wellington et lord Grey.
Lord Aberdeen ouvrit le débat et soutint avec énergie les intérêts du roi de la Hollande. L'illustre chef du cabinet whig répondit à son noble adversaire : — « Je serais prêt, si les particularités pouvaient » être rendues publiques, à justifier la part que le » gouvernement de Sa Majesté n'a cessé de prendre