LA BELGIQUE ET LA POLOGNE
vérité, sur Tintervention de la France. Mais la France ne s'était-elle pas engagée à faire respecter la suspension d'armes ? Elle n'aurait donc pu se joindre aux Belges, violateurs de l'armistice, que pour accaparer les bénéfices de la victoire ou subir les conséquences de la défaite, allumant, dans l'un et dans l'autre cas, une guerre générale. Telle n'était pas, à coup sûr, la politique de Louis-Philippe ; c'était celle du National, hautement répudiée par le gouvernement français (1). En admettant toutefois que la France intervînt non pour suivre les Belges sur le sol hollandais, mais pour refouler, dans le cas d'une défaite, les troupes hollandaises au delà des frontières de la Belgique ; en admettant que cette intervention n'amenât aucune complication, que, devenait le peuple signalé à l'Europe comme brandissant sans cesse la torche
incendiaire ?
Les projets les plus sinistres pouvaient s'accomplir. La Belgique eût été mise au ban de l'Europe, immolée à la conservation de la paix générale, déchirée et peut-être flétrie !
Un autre motif, bien grave aussi, devait contribuer à grossir la majorité disposée à voter les dix-huit articles. Les Belges suivaient avec anxiété les péripéties de la révolution de Pologne et formaient les vœux les plus ardents pour le triomphe d'une cause qui avait tant de rapports avec leur propre révo-
(1) Le National protestait contre ravénenienl du prince Léopoid et contre la politique qui tendait à Umr la Belgique hors des mains de la France. La limite du Rhin et la réunion, tel était son programme.