LA BELGIQUE ET LA POLOGNE M
lutîon. L'Autriche n'avait pu se dissimuler que la reconstitution de la Pologne, comme État indépendant, la sauverait peut-être un jour des étreintes de la Russie. Tout en ayant soin de ne pas se compromettre, le cabinet de Vienne sépara sa politique de celle des autres cabinets et fit entendre au gouvernement des insurgés qu'il n'était pas éloigné de favoriser le rétablissement de la nationalité polonaise, mais à ces deu:2^ conditions : la première que la Pologne accepterait pour roi un prince autrichien ; la seconde que la proposition en serait faite conjointement par la France et l'Angleterre. M. Walewski (1) fut chargé d'aller sonder les dispositions du gouvernement français et du cabinet de Saint- James. Le Palais- Royal fit dépendre son concours de l'adhésion de l'Angleterre ; le cabinet de Saint-James, d'abord inflexible, donna aussi quelque espoir lorsqu'il sut que^ par cette condescendance, il pouvait faciliter en Belgique l'adoption des dix-huit articles (2). Un autre agent de la Pologne, M. Zaluski, arrivé à Bruxelles le 20 juin, se mit en rapport avec les membres influents du
(i) Fils de Napoléon I", Il fut sous le second empire franç:»is ministre, ambassadeur à Londres, président de corps législatif.
(â) Cet épisode a été très bien éclairci par Fauteur de V Histoire de Dix ans. « M. de Mérode, » dit-il,rc ayant vu à Londres M. Walewski, et lui 39 ayant fait part de la sympathie qu*inspiraient aux catholiques belges r, la cause des Polonais' et leur courage, H. Walewski conçut l'espoir » de servir utilement son pays. M. de Mérode ne paraissait pas douter f» que le parti catholique ne votât, dans le Congrès, pour Tacceptation » des dix-huit articles, si, à celte condition, TAngletcrre promettait » d'intervenir, conjointement avec la France, on faveur de la Pologne. » Lord Palmerston, interrogé à cet jégard, refusa de s'engager d'une