VOYAGE TRIOMPHAL DE L ÉLU 3S
peuple belge. » Plus d une fois aussi, on le vit se lever dans sa voiture, ému et attendri des acclamations unanimes poussées par l'innombrable population accourue à sa rencontre. ^
Il était dix heures et demie du soir lorsque le cortège, sans cesse arrêté par l'enthousiasme du peuple, arriva au château de Laeken. Le roi y reçut les félicitations du régent de la Belgique, des ministres, des membres composant le bureau du Congrès et des hauts fonctionnaires de l'État.
Après le vote mémorable du 9 juillet, le Congrès avait suspendu ses travaux jusqu'au 18. Dans cette séance, M. Ch. Rogier proposa de décréter que l'anniversaire des journées de septembre serait consacré, chaque année, par des fêtes nationales. « Il faut, » disait l'ancien membre du gouvernement provisoire, c< que toute !a nation belge célèbre chaque année » l'époque de sa régénération, afin qu'elle n'oublie y> jamais de quel prix elle a été payée. » Le décret proposé par M. Rogier pour perpétuer le souvenir de la révolution de 1830 fut adopté le 19 à l'unanimité.
Sur la proposition de M. Raikcm, le Congrès vota ensuite (par soixante et dix-neuf voix contre quarante, et sept abstentions) le rétablissement immédiat 4u jury en remettant en vigueur les dispositions du code d'instruction criminelle de 1808. Toutefois l'art. 382, relatif à la composition du jury, était remplacé par la disposition suivante: « Les jurés seront pris : 1° parmi » les citoyens qui, dans chaque province, payent le » cens fixé par la loi électorale pour le chef-lieu de la
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» province ; 2® parmi les fonctionnaires qui exercent » des fonctions gratuites ; 3*> parmi les docteurs et » licenciés en droit, en médecine, en chirurgie, » en science et en lettres ; 4** parmi les no- » taires et les avoués ; 5" parmi les oflBciers de terre » et de mer jouissant d'une pension de retraite. »
Le lendemain (20 juillet), après avoir alloué les crédits nécessaires à l'administration du pays pour le troisième trimestre de 1831, le Congrès s'occupa d'un décret tendant à fixer l'état de la législation sur la presse. Peu satisfaite des projets présentés antérieurement, l'assemblée avait chaîné la veille une commission de préparer immédiatement im décret sur les délits politiques et de la presse. Cette commission était composée de MM. Van Meenen, Devaux, Ch. Rogier, Dumont et Dubus. Le projet de cette commission ne donna lieu qu'à des modifications peu importantes ; il fut adopté par quatre-vingt-onze voix contre vingt-cinq et promulgué le même jour. Le décret du 20 jtiiliet, qui fut ensuite prorogé par la législature ordinaire, abrogeait les lois du 16 mai 1829 et du l**" juin 1830. La presse, soustraite à des dispositions exceptionnelles, entrait dcms le droit commun ; la liberté d'examen était respectée, la discussion loyale et sérieuse était protégée. Ce qu'on voulait prévenir, c'était le désordre, sous l'égide de la liberté ; c'était l'attaque méchante et publique contre la force obligatoire des lois, contre l'autorité constitutionnelle du roi, contre les droits constitutionnels de sa dynastie, contre les droits ou l'autorité des Chambres. Ce qu'on