‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 32 sur 329 · LE PRINCE D ORANGE A ANVERS · texte numérisé non relu

LE PRINCE D ORANGE A ANVERS

sa blessure ne fût dangereuse : <c Eh bien ! messieurs, » répondit-il, ce sont là les fruits de la guerre, » Transporté à Malines, il joignait sa voix à celle des volontaires qu'il rencontrait sur la route et entonnait avec eux des chants patriotiques.

Le roi des Pays-Bas avait essayé, mais trop tard, de regagner les Belges paœ des concessions. Un arrêté du 4 octobre chargeait le prince d'Orange de gouverner temporairement, au nom du souverain, toutes Jes parties des provinces méridionales dans lesquelles l'autorité légale était encore reœnnue. Il devait fixer sa résidence à Anvers ; seconder et appuyer, autant que possible, par des moyens de conciliation, les efforts des habitants bien intentionnés pour rétablir Tordre dans les parties des provinces où il était troublé. On lui adjoignit trois ministres et sept conseillers d'État, tous Belges.

Le prince arrive à Anvers, le 5 octobre, et publie immédiatement une proclamation, dans laquelle il fait connaître que, ayant porté au pied du trône les >œux pour une séparation, qui lui avaient été manifestés à Bruxelles, le l*»^ septembre, ces vœux avaient été accueillis. Il annonçait ensuite qu'en attendant que la séparation du nord et du midi fût sanctionnée suivant les formes constitutionnelles, le roi accordait provisoirement aux provinces méridionales une administration distincte, toute composée de Belges ; les affaires devaient s'y traiter avec les administrations et les particuliers dans la langue qu'ils choisiraient ; toutes Jes places dépendantes de ce gouvernement

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devaient être réservées exclusivement pour des Belges ; la plus grande liberté était laissée relativement à l'instruction de la jeunesse ; enfin, une amnistie politique, ne contenant aucune exception, était accordée. Le 6, le prince nomma une commission consultative, composée de députés belges aux états généraux; le 9, il poussa la condescendance jusqu'à établir, par arrêté, le contre-seing ministériel.

Ces concessions, si contraires à la politique que le roi avait obstinément fait prévaloir jusqu'alors, ne satisfirent personne: aux uns, elles parurent un piège ; aux autres, un plagiat des proclamations du gouvernement provisoire. On savait d'ailleurs que le général Chassé conservait le commandement de toutes les forces militaires à Anvers, et correspondait directement avec le roi. Aussi le gouvernement provisoire refusat-il d'entrer eu négociations avec l'héritier présomptif du trône (1). Faisant une tentative suprême, le prince publie, le 16, une proclamation dans laquelle il approuve formellement la révolution: ^c Belges, disait- » il, je vous reconnais comme nation indépendante j » c'est vous dire que dans les provinces même où » j'exerce un grand pouvoir, je ne m'opposerai en rien

(1) MM. Van de Weyer et de Mérode, qui avaient été pariiculièrcmeqt Tobjel des obsessioi s de M. de Koslorski, agent du prince, crurent devoir rendre compte au peuple de ce qui s'était passé. « Nous Bvons déclaré à cette personne, dirent-ils dans une communication rendue publique, que nous n'avions aucun caractère pour traiter avec le prince de Tétat futur de la Belgique ; que ce droit n'appartient qu*au Congrès nationti qui, seul, peut décider de l'avenir du pays... »

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