S4 LE OOHTE^ FRÉDÉRIC DE HÉRODE
Le comte Frédéric de MéroJe avait subi à Malines, le 26 octobre, avec cette sérénité qu'il montrait sur le champ de bataille, lamputation de la jambe droite, et cette grave opération avait réussi. En quelques jours, le blessé de Berchem avait conquis une popularité sans égale.
« Le malheur arrivé à M. Frédéric de Mérode, » disait un journal influent (1), a puissamment déve- » loppé une idée qui germait déjà dans beaucoup d'es- » prits; c'est, s'il survit à l'amputation, de le proposer » au Congrès comme candidat à la dignité de chef du » gouvernement. La conduite et la position de cet » excellent citoyen inspirent une sympathie univer- » selle. Jeune, possesseur d'une fortune immense, » pouvant, comme tant d'autres, aller attendre à » l'étranger que le sort de son pays fût fixé avant d'y » rentrer, on l'a vu se vouer, l'un des premiers, à la » défense de notre sainte cause, A ces titres se mêle » une idée dont la singularité a quelque chose de tou- » chant et de poétique, c est que la mutilation du chef » de l'État serait une image où s'associeraient sa gloire » et les souvenirs de notre émancipation ». Le Courj'ierdesPayS'lias^ovgaae presque officiel de la Belgique insurgée, appuyaitce vœu. Cependant le comte Frédéric était cloué sur son lit de douleur, ignorant les préoccupations dont il était l'objet, regrettant seulement de n'avoir pu suivre ses compagnons à Anvers, de ne pouvoir combattre les ennemis qui incendiaient dans
(i) Le Politique de Liège.