T8 MISSION DE M. VAN 0E WETER
blâma ce langage comme inopportun, injuste, immérité, impolitique, et contraire aux plus chers intérêts de son pays, qui commandaient, disait-il, le principe de non-intervention dans les affaires des Pays-Bas. Lord Wellington lui répondit, et son discours pouvait être résumé dans ces mots : « Le désir de la Grande- » Bretagne est de résoudre la question de la Belgique, D s'il est possible, par des négociations. » En effet, les plénipotentiaires des cinq grandes puissances de l'Europe (1), réunis en Coptférence à Londres, se mirent immédiatement à l'œuvre, et, le 4 novembre, arrêtèrent un premier protocole.
Le l®' novembre, M. Van de Weyer, accompagné de M. John Bowring, avait quitté Bruxelles, chargé par ses collègues du gouvernement provisoire d'exposer au cabinet britannique le véritable caractère de la révolution belge (2). Arrivé en Angleterre le 4 novembre, il crut devoir suspendre toute démarche pendant deux ou trois fois vingt-quatre heures, jusqu'à ce que l'opinion publique se fût prononcée sur le discours du trône. En attendant, il vit plusieurs membres distin-
(i) Le prince Esterhazy, ambassadeur d*Autriche; le prince de Talleyrand, ambassadeur de France; lord Aberdeen, chef du Foreign-Office; le comteBulow, représentant la Prusse, et le comte Matuszewic, ambassadeur de Russie.
(2) M. Van de Weyer était muni de lettres de recommandation de sir Henri Bulwer qui, attaché à Tambassade d'Angleterre, à la Haye, avait été chargé par lonJ Aberdeen de parcourir la Belgique afin de fournir ao Foreign-OfRcedcs renseignements véridiques sur les province soulevées. — M. Bowring, qui accompagnait H. Van de Weyer, était alors un membre influent du parti radical; il est mort à Claremont le 23 novembre 4872, plus qu'octogénaire.