MISSION DE M. VAN DE WEYER
gués et même illustres de la Chambre des communes, Joseph Hume, lord Pahnerston, lord Lansdowne, Brougham, O'ConnoU, Mackintosh, Bentbam, et d'autres encore ; il leur raconta tout ce qui s'était passé en Belgique depuis le mois d août (car les faits avaient été dénaturés de la manière la plus étrange), et il rencontra de vives sympathies parmi les whigs. Sir John Hobhouse l'introduisit enfin auprès de lord Aberdeen, avec lequel il eut une conversation de deux heures.
Après avoir exposé au ministre l'état exact des faits,
et lui avoir énuméré les griel's nombreux des Belges,
M. Van de Weyer demanda si le gouvernement anglais
avait pris à leur égard une résolution définitive. Lord
Aberdeen répondit que l'Angleterre ferait respecter
les traités qui garantissaient la paix et la stabilité de
l'Europe, mais qu elle n'interviendrait point, tant que
ses intérêts et son honneur ne seraient pas compromis.
M. Van de Weyer objecta que déclarer que l'on voulait
le maintien de la paix et ce qu'on appelait la stabilité
de l'Europe, c'était en d'autres termes déclarer la
guerre à la révolution. «Les Belges, ajouta-t-il, repous-
> seront toute espèce d'intervention, soit diplomatique,
» soit par la force des armes ; et, en désespoir de
» cause, plutôt que de la subir, ils se jetteront dans
» les bras d'une puissance voisine. » — « Les grandes
» puissances, répondit lord Aberdeen, agissent d'un
» commun accord avec la France. »> Le ministre ayant
parlé de la mission remplie par M. Gendebien à Paris,
M. Van de Weyer, sans hésiter, lui communiqua les
instructions secrètes qu'il avait reçues de ses col-