MISSION DE M. VAN DE WEYER
lègues, en aflSrmant sur l'honneur que celles de M. Gendebien étaient absolument les mêmes. — « Mais, fit observer lord Aberdeen, le gouvernement » provisoire s'est mis en contradiction avec lui-même » en offrant la couronne au duc de Nemours. » M. Van de Weyer nia positivement le fait; il dit que le gouvernement aurait été effectivement inconséquent avec ses actes s'il avait autorisé cette offre, puisque la convocation du Congrès national avait pour objet de donner une Constitution à la Belgique ; offrir la couronne au duc de Nemours, c'eût donc été résoudre par avance la question de la république et de la monarchie sur laquelle le gouvernement provisoire appelait le Congrès à délibérer.
Le lendemain M. Van de Weyer apprit d'un Belge que le prince d'Orange avait manifesté le désir de le voir. M. Van de Weyer répondit que, comme membre du gouvernement provisoire, il ne pouvait ni ne voulait avoir aucun rapport avec le prince; mais que, comme citoyen d'un pays sur lequel la maison de Nassau avait régné pendant quinze ans, il ne refusait point l'entrevue qui lui était demandée. Dans un long entretien, le prince justifia sa conduite à Anvers et depuis qu'il avait quitté cette ville ; puis il demanda nettement ce qu'il pouvait espérer et attendre du Congrès national. M. Van de Weyer répondit que, dans son opinion personnelle, lui et tous les membres de sa famille avaient à jamais perdu tout espoir d'obtenir un pouvoir quelconque en Belgique ; et que telle y était la disposition des esprits, qu'il