CHAPITRE IV
Les électious pour le CoDgrès s'étaient faites dans toutes les provinces, sans amener nulle part ni conflit ni perturbation. On eût dit qu'au lieu d'être en pleine crise révolutionnaire, le pays se trouvait dans une situation régulière, tant il se montrait éloigné de toute pensée de désorclre et d'anarchie. Si l'on excepte le déplorable assassinat commis à Louvain, le 2 novembre, par une multitude égarée, aucun crime n'avait souillé la révolution belge. Le peuple était, à la vérité, vivement excité contre la Hollande, mais il manifestait la plus grande confiance dans le patriotisme du gouvernement provisoire et dans la sagesse de l'assemblée nationale, qui allait consolider la révolution. Les élections reflétèrent les sentiments populaires ; elles furent non seulement anti-orangistes dans la plupart des localités, mais elles témoignèrent, en outre, que le pays était ennemi de toute exagération.
Aucune classe n'avait obtenu la prépondérance ; toutes avaient fourni des représentants. La vieille
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noblesse allait s'asseoir à côté des jeunes pubiieistes ; le clergé et le commerce, le barreau et l'agriculture, la magistrature et l'industrie, allaient se confondre sur les mêmes bancs. Trois générations se donnaient rendez-vous à Bruxelles pour fixer les destinées de la patrie. Parmi les députés se trouvaient M. Jean-François Gendebien et M. Eugène Van Hoobrouck de Mooreghem, qui, dans leur jeunesse, avaient fait également partie du Congrès belge de 1790; d'autres, M. le baron Beyts et M. P. de Thier avaient été membres du conseil des Cinq-Cents, sous le Directoire, et du Corps législatif sous l'Empire. Venaient ensuite d'anciens membres des états généraux du royaume des Pays-Bas : MM. de Gerlache et le baron de Sécus, chefs de l'ancienne opposition catholique ; Ch. Lecocq et Ch. Lehon, bourgmestre de Tournai ; Pirson, bourgmestre de Dinant ; le comte d'Aerschot, lé baron de Stassart, qui avait été préfet de La Haye sous l'Empire; le comte de Celles, qui avait été préfet d'Amsterdam à la môme époque, puis ambassadeur de Guillaume I^*" à Rome et signataire du concordat de 1827; le baron Surlet de Chokier, que la révolution allait bientôt élever si haut; enfin, MM. de Muelenaere, Ch. de Brouckere, le comte Duval de Beaulieu, Barthélémy, de Langhe et le comte Clément de Renesse-Breidbach.
Le gouvernement provisoire allait être représenté au Congrès par M. Sylvain Van de Weyer, élu à Bruxelles ; M. Ch. Rogier, élu à Liège ; M. Alex. Gendebien, qui avait opté pour Mons, et le comte Félix de