ÉLECTIONS
Mérode qui, élu dans trois localités, avait opté pour Maestricht. Treize membres du clergé étaient envoyés à l'assemblée nationale ; tous avaient été élus dans les Flandres, à Malines ou à Louvain. Parmi les hommes nouveaux qui ne tardèrent point à se signaler au premier rang, nous devons nommer M. Joseph Lebeau, élu à Huy ; M. Paul Devaux, élu à Bruges ; M. J.-B. Nothomb, élu à Arlon, à Grevenmacher et à Marche, Les électeurs de Hasselt avaient envoyé au Congrès M. le chevalier de Theux de Meylandt ; ceux de Liège avaient donné leurs suffrages à MM. Raikem, Leclercq, de Behr et Destriveaux; M. F. Dubus était le collègue de MM. Ch. Lehon et Lecocq dans la députation de Tournai ; M. Forgeur le collègue de M. Lebeau dans la députation de Huy. On remarquait encore MM. F. Meeus et Jottrand, élus à Bruxelles; Ch. Vilain XIIII et Destouvelles, élus à Maestricht ; Van Meenen, élu à Louvain ; H. de Brouckere, élu à Ruremonde ; Ch. Liedts, élu à Audenarde ; J. Delehaye, élu à Gand ; E. d'Huart, élu à Virton ; enfin, les .deux députés républicains de Philippe ville, M. Seron, qui, par son costume et son rude langage, rappelait les modes et les idées de la fin du xviii^ siècle, et M. de Robaulx, si mobile, si agressif, si véhément. De l'urne électorale étaient sortis les noms de la plupart des hommes qui ont figuré depuis lors sur la scène politique de notre pays ; ils avaient été désignés par les électeurs soit comme membres du Congrès, soit comme suppléants. Plusieurs de ces derniers ne furent pas appelés à siéger ; d autres, mais en petit nombre.
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crurent devoir refuser le mandat qui leur était offert.
Le 10 novembre arriva, et cent cinquante-deux députés se trouvèrent réunis à Bruxelles» dans l'ancien palais des états généraux, pour constituer l'assemblée nationale. Le bureau était placé sur l'estrade où Ton voyait autrefois le trône : deux drapeaux tricolores flottaient au dessus ; et les armes du royaume des Pays-Bas étaient remplacées par le lion belge, portant la lance surmontée du drapeau de la liberté. A midi, le roulement des tambours, le son des cloches et les salves de l'artillerie annoncèrent l'ouverture de la séance. M. Jean-François Gendebien, doyen d'âge, occupe le fauteuil de lai présidence ; il est entouré des quatre plus jeunes membres, MM. Nothomb, l'abbé de Haerne, Charles Vilain XIIII et Liedts. Bientôt parurent les membres du gouvernement provisoire, accompagnés des chefs des différents comités, des généraux et officiers supérieurs de l'armée et de la garde civique. Accueillis par des applaudissements enthousiastes, ils vinrent se placer au bas de l'estrade et devant le bureau. En sa qualité de doyen d'âge du gouvernement provisoire, M. de Potter avait été chargé de prononcer le discours d'ouverture.
a Au nom du peuple belge, dit-il, le gouvernement » provisoire ouvre l'assemblée des représentants de la » nation. Ces représentants, la nation les a chargés » de l'auguste mission de fonder sur les bases larges » et solides de la liberté l'édifice du nouvel ordre » social, qui sera pour la Belgique le principe et la » garantie d'un bonheur durable. » L'organe du gou-
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vernement provisoire rappelle ensuite comment la loi fondamentale y rejetée par les notables belges, avait été non seulement imposée par la Hollande, mais encore inobservée dans ses dispositions essentielles. « Les consciences violées, » dit-il ; « renseignement » enchaîné; la presse condamnée à n'être plus que » l'instrument du pouvoir, ou forcée au silence ; la » substitution arbitraire du régime des arrêtés au sys- » tème légal établi par le pacte social ; le droit de péti- » tion méconnu; la confusion de tous les pouvoirs, » devenus le domaine d'un seul ; l'imposition despoti- » que d'un langage privilégié; l'amovibilité des juges » abaissés au rôle de commissaires du pouvoir ; l'ab- » sence complète de la garantie de la publicité et de » celle du jury; une dette et des dépenses énormes, » seule dot que nous eût apportée la Hollande, lors » de notre déplorable union; des impôts accablants » par leur hauteur et plus encore par leur répartition » toute impopulaire, toute au détriment des classes » indigentes ; des lois toujours votées par les Hollan- » dais pour la Hollande seulement, et toujours contre » la Belgique, si inégalement représentée aux anciens » états généraux; le siège de tous les grands corps » constitués et de tous les établissements importants » fixé dans cette même Hollande; la scandaleuse dis- » traction des fonds spécialement destinés à favoriser » l'industrie, et enfin la plus révoltante partialité dans » la distribution des emplois civils et militaires, par i> un gouvernement aux yeux duquel la qualité de » Belge était un titre de réprobation ; en un mot, la