SYSTÈME DE BARRIÈRE
Pays-Bas. Les Belges la désiraient aBn de sortir d'une position fatale, en se soustrayant à la tutelle impuissante de l'Espagne ; mais ils (a désiraient à des conditions honorables, avec le maintien de leur indépendance intérieure et de leurs institutions, le libre exercice de leur culte et une protection assurée à leurs intérêts matériels. De leur côté, les Hollandais, fiers de leurs victoires sur l'Espagne, de la puissance et de l'opulence de leur republique, ne voulaient pas renoncer à une suprématie qu'ils croyaient légitime ; ils ne voulaient pas non plus rouvrir l'Escaut, fermé par le traité de Munster. La différence de religion et la crainte de faire revivre la prospérité d'Anvers au préjudice d'Amsterdam et de Rotterdam, qui avaient hérité des dépouilles de l'ancienne métropole commerciale des Pays-Bas, furent des obstacles insurmontables. Il faut ajouter que les Hollandais, préférant leur puissance maritime à l'espoir de devenir puissance continentale, répugnaient à se trouver en contact avec la monarchie française. Au système de fédération ou d'assimilation, à la réunion du nord et du midi, les plus célèbres des hommes d'État de la république des Provinces-Unies préférèrent le système de Barrière. Les Pays-Bas espagnols, anéantis commercialement, ne devaient avoir pour mission, à leurs yeux, que de garantir leur patrie contre les attaques de la monarchie frança.se.
Ce système commence à poindre dans les négociations de Munster, et détermine la Hollande à abandonner l'alliance française pour se rapprocher de l'Espagne; il reçoit ensuite une extension logique.
40i TRAITÉ DE LA BARRIÈRE
inévitable, dans le traite signé à Anvers le 13 novembre 1715. L'empereur Charles VI n'entre en possession des anciens Pays-Bas espagnols qu'après avoir souscrit a des conditions non seulement onéreuses, mais infamantes. 11 accordait à la république des Provinces- Unies le droit de placer des garnisons dans huit forteresses belges : en cas de guerre, elle avait le droit d'occuper et d'inonder la partie de la Belgique située entre TEscaut et le Meuse, jusqu'au Demer; l'empereur dut, en outre, payer à la république une rente annuelle de 1,230,000 florins, et renouveler la désastreuse stipulation du traité de Munster, prescrivant la fermeture de l'Escaut. Tel fut le traité de la Barrière. Comme souverain des Pavs-Bas, Charles VI se trouvait placé sous la tutelle de la république des Provinces-Unies. Or , cette combinaison, qui semblait le triomphe de la politique hollandaise, ne produisit pas les fruits qu'elle en attendait. Coïncidence remarquable ! la décadence de la république des Provinces- Unies, naguère si redoutable sous Jean de Witt et Ruyter, devient manifeste après la conclusion du traité de la Barrière.
En résumé, ce traité célèbre paralysa l'activité commerciale des Belges, sans pouvoir les protéger ; il laissa venir Louis XV à Bruxelles et le maréchal de Saxe jusqu'à Berg-op-Zoom. Aussi Marie-Thérèse secouat-elle, en 1756, un joug désormais inutile, pour se rapprocher de la France. Joseph II alla plus loin. Plein deconflance dans l'alliance des maisons de Lorraine et de Bourdon, il fit démanteler, en 1782, les places