RICHELIEU ET MIRABEAU
(le Barrière, et réclama avec hauteur la libération de TEscaut;, ainsi que la part des anciens ducs de Brabant dans la souveraineté de Maestricht. Mais l'inconstance de Joseph, le nouveau, projet conçu par lui d'échanger les Pays-Bas contre la Bavière, l'attitude non seulement réservée, mais presque hostile de la France, enfin un suprême effort de patriotisme dans la république des Provinces-Unies, détruisirent les espérances des Belges. Par le traité signé à Fontainebleau, le 10 novembre 1785, la république batave resta maîtresse des bouches de l'Escaut; mais, de son côté, l'empereur obtint les forts de Lillo et de Liefkenshoek, et, pour ses autres prétentions, une indemnité de 10,000,000 de 11. Un enseignement important résulte des vicissitudes que nous avons rappelées. Ne voit-on pas que l'intérêt européen s'opposa constamment à l'absorption des Pays-Bas par l'une ou par l'autre des puissances qui les avoisinaient ? La Belgique était la clef -de voûte du système d'équilibre. C'est ce qui explique l'appui prêté par la Hollande à l'Espagne contre Louis XIV ; c'est ce qui explique aussi le système du cardinal de Richelieu, tout autre que celui de son successeur. Richelieu aurait voulu, après la mort de l'infante Isabelle, que la Belgique se constituât en république catholique indépendante, pour devenir un boulevard contre les progrès du calvinisme et une barre entre les Français et les Hollandais. Il était détourné de l'acquisition des Pays-Bas, dit un historien français (1),
(i) Mignel, Négociations relatives à la succession d'Espagne.