IV PRÉFACE
la révolution de juillet. L'attitude de la Belgique en 1848 fut la plus éclatante confirmation de cette vérité que les deux révolutions dérivaient de causes différentes et que leurs résultats avaient été également dissemblables.
Les traditions belges ne doivent pas être confondues avec les traditions françaises, car nous pouvons établir et leur origine et leur filiation ; de même, nos mœurs et nos besoins politiques se manifestaient déjà d'une manière caractéristique à l'époque où la Flandre était la contrée la plus libre du continent. Ne pouvonsnous pas nous enoi^ueillir à bon droit du siècle des Artevelde?
Pour se rendre indépendante, « la Belgique, garrottée par les traités de 1815, devait, en s'insui^eant contre la maison d'Orange et en secouant le joug de la Hollande, renverser un édifice politique élevé à grands frais par le congrès de Vienne, et à la conservation duquel la Sainte- Alliance attachait la plus haute importance (1). » Ce soulèvement, qui parut d'abord un danger pour l'Europe, eut en définitive pour résultat de faire disparaître l'ancien antagonisme du nord et du midi du Pays-Bas, et de prévenir de plus .redoutables complications.
(i) Sylvain Vande Weyer (3i mars 4834).