RÉUNION A LA FRANCE
Rhin; larmée anglo-hollandaise se réfugia dans les Provinces-Unies. Les Français la suivirent sur le ter-
ritoire batave, et contraignirent le stadhouder Guillaume V à chercher, avec sa famille, un asile en Angleterre. Toutefois le traite du 16 mai 1793 (27 floréal an in) reconnut l'existence de la république batave, sons condition qu'elle céderait ù la France la Flandre hollandaise, y compris le territoire de la rive gauche du Hondt, Maestricht, Venloo et leurs dépendances, ainsi que les autres enclaves et possessions des anciennes Provinces-Unies, situées au sud de Venloo, de lun et de l'autre côté de la Meuse. Quant à la Belgique, elle fut réunie à la république française, par un décret de la Convention du 9 vendémiaire an iv (4 octobre 1795).
Peu de jours avant l'ouverture des débats, un Belge, interprète de la nation dont on disposait sans lavoir consultée, avait courageusement protesté contre l'abus de la force. C'était M. Adrien-Philippe Raoux, membre du conseil souverain de Hainaut. Dans un mémoire remis à la Convention, il ne se dissimulait point certains avantages de la mesure politique qui allait être sanctionnée. « Cependant, disait- il, il est » certain que la très-grande majorité de ce peuple » craint la réunion, et la regarderait comme une ^•^.calamité publique. A l'instant où cette nouvelle «srait proclamée officiellement, des larmes coulent dans l'intérieur des familles. »
(de Douai), au nom du comité de salut public, lut à la Convention, le 8 vendémiaire (3 octobre 1795),
!iO POLTTIOUE DE LOLI.S- PHILIPPE
un rapport dans lequel il allégua que les assemMôes primaires des Pays-Bas autrichiens avaient voté avec cnlme la réunion de leur pays à la république française. — <i On parle des vœux des Belges, répondit >' Harmand (de la Meuse), mais des délibérations » prises au milieu des armes sont-elles des délibé- » rations ? Sans doute, il est de votre intériît d'humi- » lier la maison d'Autriche, mais le moyen qu'on » vous propose est impolitique. Sans doute, elle doit » une indemnité à l'Europe entière, qu'elle a troublée » par SCS intrigues et par le traité de Pilnitz... Vous » atteindrez ce but en assurant à ta Belgique son n indéj tendance. Qu'il soit libre aux Belges de se for- » mer un gouvernement cimenté par leurs mœurs et » sur Jour religion. Votre modération dans la victoire n vous conciliera tous les esprits ; jios prétentions » exagérées vous susciteront une foule d'ennemis. » Vaines protestations d'une politique sage et préante ! L'arrf)t injuste fut prononcé, et confirmé uite par le traité de Campo-Formio (17 octo- 1797), qui obligea l'empeiiPiur François II à céder i France tous ses droits sur la Belgique, riais ce que la force a fondé, la force peut le cuire. Waterloo vint après Fleurus ; les Belges sèrent de la domination de la France sous la eraineté de la Hollande, en réservant cepent, au milieu de toutes ces vicissitudes, leurs its imprescriptibles sur leur nationalité. A politique inaugurée par Louis-Philippe, lors de avènement, rompit avec le système belliqueux