‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 63 sur 329 · A LA FRANCE · texte numérisé non relu

A LA FRANCE

andaisc se réfugia dans les inçais la suivirent sur le tergnirent le stadhouder Guili^ec sa lamille, un asile en raitrt du 16 mai 179o (27 flotence de la répuhliifue balare, derait à la France la Flandre ! territoire de la rive gauche 'enloo et leure dépendances, ves et possessions des ancienuées au sml de Venloo, de e la Meuse. Quant à la Belgirépnblique française, par un a du 9 vendémiaire an iv

l'ouverture des débats, un lation dont on disposait sans urageusement protesté contre ; M. Adrien-Philippe Raoux, rerain de Hainaut. Dans un veution, il ne se dissimulait de la mesure politique qui I Cependant, disait- il, il est ande majorité de ce peuple la regarderait comme une l'instant où cette nouvelle ielleraent, des larmes couledes familles. »

cm du comité de salut public, vendémiaire [3 octobre 1795),

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cours du mi d'Angleterre, déjà mieux expliqué dans le parlement, ne peut donner lieu à des alarmes fondées ; que l'intervention armée dans les affaires de la Belgique n'est point dans l'intention du cabinet anglais ; que, d'autre part, l'intervention de conseils et d'avis était d'une nature qui n'avait rien que de rassurant. Elle était d'ailleurs motivée sur la garantie que les cinq puissances avaient donnée en 1815 à l'union de la Belgique et de la Hollande. Toutefois, on ne trouvera point dans les conférences de Londres quelque chose de pareil à la Sainte-Alliance. On ne veut que tenter de concilier les intérêts, qui affectent l'équilibre établi par des traités dont la France est partie. Tout porte à croire que ce but sera atteint. L'envoi de commissaires anglais et français vers les parties belligérantes est une démarche d'humanité, et la ligne qu'ils sont autorisés à établir entre elles est un fait implicite qui annonce dans les cabinets l'intelligence des temps nouveaux. Le ministre fait ensuite ressortir la loyale sagesse qui a retenu la Prusse dans des voies pacifiques ; il est autorisé à espérer, dit-il, que la même sagesse ne cessera de présider aux conseils de cette puissance. « Tout nous confirme, ajoute » l'illustre maréchal, dans la confiance que l'Europe » pourra conserver le plus grand des bienfaits, la )) paix ; la paix, qui est l'expression de toutes les » nécessités européennes en même temps ; la paix, ») que la voix d'un soldat ne craint pas d'appeler » quelque chose de préférable à la guerre. La France » peut se glorifier d'un aussi rare ensemble de mode-

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» ration et de désintéressement dans la question » belge. Elle a pensé que le principe moral de » non-intervention valait mieux que la tentation des » souvenirs. Elle a voulu fonder sur la droiture D et la loyauté sa nouvelle politique. »

Une autre notabilité de l'Empire, M. Bignon (1). s'empare ensuite de la tribune, et son discours obtient les honneurs de la séance. L'orateur se demande d'abord quelles sont les chances pour la guerre, quelles sont les chances pour la paix ; il pense qu'il dépend en grande partie de la France de ne pas avoir la guerre, ou, si elle est inévitable, de ne pas avoir à la craindre. Examinant ensuite le discours du roi d'Angleterre, il condamne la qualification de révolte appliquée aux événements de la Belgique, car aucun gouvernement ne sait mieux que le gouvernement anglais, dit-il, qu'un mouvement, traité d'abord de révolte, reçoit de la fortune, quand elle le seconde, le titre de glorieuse révolution; l'élévation de la maison de Hanovre au trône d'Angleterre n'a pas eu d'autre origine. L'orateur signale une difficulté très-grave, résultant du paragraphe où le roi d'Angleterre exprime l'intention d'aviser, de concert avec ses alliés, à des

( 4) Bignon (Louis-Pierre-Edouard) né à la Meilleraye (Seine-Inférieure). Il avait sous l*Empire rempli des missions imporlantes. Napoléon I^ se souvint de lui à Sainte-Hélène ; il écrivit dans son testament : a Je » lèçae au baron Bignon iOO,000 fr.; je l'engage à écrire Thisloire de 9 la diplomatie française de 1792 à 1845. » Après la révolution de juillet 1830, H. Bignon fit partie du Conseil des ministres du 10 août au 2 novembre. — Il est mort en 1841.

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moyens de rétablir la tranquillité, compatible avec le bien-être et le gouvernement des Pays-Bas, et avec la sécurité des autres États. De quel droit, demande M. Bignon , prétendrait-on régler à Paris ou à Londres ce qui convient au boij gouvernement d'une autre contrée ? Du reste, il accepte avec plaisir la déclaration déjà faite que l'on n'a point l'intention d'intervenir par la force des armes, qu'il ne s'agirait que d'une médiation toute de bienveillance et d'humanité, toute d'ordre et de paix ; mais il eût fallu, dès le commencement, rester dans ce rôle honorable et salutaire.

Aux yeux de M. Bignon, il n'existe pas de traités généraux qui puissent, sans une interprétation forcée, s'appliquer à la lutte ouverte entre les Belges et le roi des Pays-Bas. Quand, à la suite des traités de 1815, les divers souverains de l'Europe se sont mutuellement garanti la possession intégrale de leurs États respectifs, ces garanties étaient données contre l'ambition, contre l'invasion étrangère ; mais jamais on n'a pu avoir le droit de se mêler par là des débats éventuels entre les peuples et les princes.

M. Bignon voit une véritable chance de guerre dans le droit abusif d'intervention que voudraient s'arroger certaines puissances. Il en voit une autre dans la prétention mal fondée, suivant lui, des Belges sur le grandduché de Luxembourg. Envisageant cette question à un point de vue trop exclusif et sans tenir compte suffisamment des faits qui avaient modifié les stipulations de 1815, M. Bignon n'hésitait point à traiter d usurpation la prétention des Belges sur le grand-

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duché. Ci Quoique, depuis une longue suite de siècles, » dit-il, Je Luxembourg ait pu faire partie de la Bel- » gique (1), l'existence politique de ce pays, dont le » territoire a subi des modifications, a été changée par » le traité du 13 mai 1815. Il n'a point été donné à la » maison de Nassau au môme titre que les provinces » belges. C'est une cession qui lui a été faite à titre » d'échange, en compensation des principautés de » Nassau-Dillenbourg, Siegen et Dietz, cédées à la » Prusse. Le duché de Luxembourg, érigé en grand- » duché, est ainsi un domaine à part, qui forme un » des États de la Confédération germanique. La ville de » Luxembourg a été déclarée forteresse de la Confédé- » ration. Voilà une question sur laquelle les traités » peuvent être invoqués avec succès. Le tort est du côté » des Belges, c'est aux amis de la liberté à les en » avertir. S'ils persistent, qui sait si demain la Confédé- » ration germanique ne viendra pas réclamer ses » droits ? Qui sait si la Prusse, comme pays voisin, ne » sera pas appelée à l'exécution des décrets de la diète, » et une fois que les troupes prussiennes auront posé » le pied sur le territoire du grand-duché de Luxem-

(i) « Cette province faisait partie intégrante de la Belgique depuis « le XV« siècle. Philippe le Bon, troisième duc de Bourgogne, avait » acquis en 4461 la souveraineté du Luxembourg qui, depuis cette « époque jusqu'à la conquête française, partagea le sort des provinces » 'méridionales; les députés luxembourgeois siégeaient aux états gêné- » raux des Pays-Bas, et la p^ovinc6 était soumise aux ordonnances » générales. Dans tous les traités, la dénomination de Pays-Bas espa- » gnols ou autrichiens comprend le duché de Luxembourg. » Nothonnb, Essai fUstorique et politique sur la révolution belge, chap. V.

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» bourg, qui sait si ce malheureux et impoli tique débat » ne mettrait pas bientôt les Prussiens et les Français » en présence, peut-être malgré eux, dans les pro- » vinces belges elles-mêmes ? »

Après" avoir signalé les causes qui pourraient amener une explosion, l'orateur s'occupe des chances qui autorisent l'espoir du maintien de la paix. Il place au premier rcmg l'influence des progrès de la raison publique sur la politique même des cabinets ; l'estime de l'Europe pour le caractère loyal du roi Louis-Philippe, qui, en respectant l'indépendance des États étrangers, saura faire respecter l'indépendance de la France ; enfin, la perspective des graves dangers que la guerre pourrait entraîner pour les gouvernements absolus. Il faut y joindre, comme circonstances rassurantes, le mauvais état des finances de presque tous les gouvernements, sans en excepter même l'Angleterre, qui, si elle peut toujours se suffire à ellemême, ne peut plus du moins fournir aux autres puissances les subsides qu'elle leur a prodigués depuis 1793 jusqu'à 1815 ; l'extinction des vieilles haines nationales, surtout entre la France et l'Angleterre; la sympathie des divers peuples entre eux et la sympathie de tous pour les principes d'une juste liberté.

Après cette énumération, M. Bignon, avec l'autorité que lui donnaient ses antécédents diplomatiques, montre conmient l'asservissement de la Belgique suscita les longues guerres entre la France et la Grande- Bretagne ; comment l'indépendance de la Belgique mettra fin à la rivalité de ces deux puissances, et

DISCOURS DE M. BIGNON 4i7

deviendra le gage de la paix du ntionde. « Depuis

» plusieurs siècles, dit-il, c'est une espèce d'axiome

» routinier, à Londres, que T Angleterre serait mena-

» cée de périr le jour où la limite du territoire fran-

» çais, du côté de la Belgique, recevrait quelque

» extension. De là ces longues et sanglantes guerres

» dont on attendait, pour principal résultat, la forma-

» tion d'une barrière contre la France. De là ces

» fameux traités de barrière qui, en laissant à la

» maison d'Autriche le domaine utile du Brabant,

» mettaient dans les places des garnisons hollandaises.

» En vain les guerres de la révolution ont anéanti ces

» traités : l'Angleterre ne renonce pas un instant à

» l'espoir de les faire revivre. Pendant vingt-cinq

» années, c'est pour la Belgique qu'elle a combattu.

» Dans les plus beaux jours de l'empire de Napoléon,

» elle a constamment poursuivi l'idée de détacher la

» Belgique de cet empire. Cette pensée a été le mobile

» des coalitions qu'elle a suscitées et soldées... Que

» la Belgique devienne un État indépendant sous

» quelque forme de gouvernement qu'il lui convienne

» de se donner, la France respectera cet État nouveau,

» comme elle respecte les possessions des rois de

» Bavière, de Sardaigne et autres, contiguës à son

» territoire. L'Europe en a pour garant, outre l'esprit

» constitutionnel de la nation française, qui désormais

» répugne à toute guerre offensive, le caractère droit

» et loyal de Louis-Philippe. »

Le discours de M. Bignon eut un immense retentissement en Europe, et surtout en Belgique. Mais s'il

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