‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 68 sur 329 · MISSION DE M. DE LANGSDORFF · texte numérisé non relu

MISSION DE M. DE LANGSDORFF

ne s'opposera point à l'exclusion des Nassau, parce qu'elle ne voudra pas précipiter les Belges dans les bras d'auxiliaires qui ne demanderaient pas mieux que de faire cause commune avec eux.

Tous les arguments furent employés dans cette solennelle discussion. On invoqua tour à tour l'opportunité, la. nécessité politique, l'honneur de la nation be^e, et les enseignements du passé. « Toutes les fois,» dit M. H. Vilain XIIII, v qu'une forme de gouverne- » ment devient destructive de la liberté et du bonheur » des citoyens, ceux-ci ont le droit de la rejeter et de » l'abolir ; que si on exige l'autorité des antécédents » et de rhistoire pour valider cette proscription, nous » montrerons le grand exemple des Stuarts expulsés » par les Chambres d'Angleterre dans la glorieuse » révolution de 1688. Nous ouvrirons enfin les pages » de nos propres annales, et vous y lirez, non sans » étonnement, qu'en l'année 1581, les états généraux » des Pays-Bas, avec l'assentiment du prince d'Orange, » prononcèrent l'exclusion de Philippe II de toute » souveraineté en Belgique »

Deux orateurs s'étaient déclarés formellement contre la proposition; trois avaient demandé l'ajournement; dix-sept avaient réclamé l'exchision à perpétuité. Des considérations puissantes engageaient l'assemblée à ne pas prolonger ces débats irritants. Une agitation tumultueuse régnait au dehors. Le multitude, qui se pressait au pied du Palais législatif , faisait entendre des vociférations et des menaces de mort contre les Orangtstes qui ne voteraient point l'exclu-

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