‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 71 sur 329 · LA PLACE DES MARTYRS · texte numérisé non relu

LA PLACE DES MARTYRS

en défendant la cause nationale. Après la cérémonie • religieuse, on devait procéder solennellement à la pose de la première pierre du monument à élever, Place des Martyrs de la liberté, pour transmettre à la postérité la reconnaissance de la patrie. Le 4 décembre, à onze heures, le gouvernement provisoire et le Congrès se rendirent en cortège du Palais de la Nation à l'église collégiale, dans ce temple antique, décoré par la piété des anciens princes belges, et qui a reçu dans son sein toutes les générations qui se sont succédé dans le Brabant depuis le xnv siècle. Le clei^é, après avoir rendu les honneurs souverains au Congrès, consacra, au milieu des députés de la nation et des citoyens armés, les prières élevées vers Dieu pour ceux qui avaient cimenté de leur sang l'indépendance du pays. Le gouvernement provisoire et le Congrès se rendirent ensuite à la place des Martyrs, et, lorsque les députés se furent rangés autour de l'excavation faite pour recevoir la première pierre du monument funèbre, le président de l'Msemblée nationale prononça d'une voix émue cette patriotique allocution : « Ombres magnai> nimes des guerriers morts en combattant pour la » liberté, recevez les hommages de la patrie reconnais- » santé. Le souvenir de votre dévouement se perpé- » tuera à jamais: il arrivera de génération en généra- » tion dans le cœur des Belges, il sera plus durable » que le monument que nous élevons aujourd'hui à » votre gloire... Ombres des braves qui ont versé leur » sang pour conquérir et assurer nos libertés ! tour- » nez vos regards vers notre chère patrie; allumez

PROJET DE GONSimmON i&i

i> dans le cœur de nos jeunes défenseurs le feu sacré » de Tamour de la gloire, et que, marchant sur vos » traces, ils consolident, par leur courage et leurs veri> tus, ce que vous avez si glorieusement commencé.» M. Surlet de Chokier descendit ensuite dans l'excavation et posa la première pierre du monument des martyrs. Achevé en 1838 par Guillaume Geefs,irreprésente, à côté du lion belge, la statue de la Liberté foulant aux pieds des chaînes brisées et venant d'inscrire sur les pages d'un livre qu'elle supporte de la main gauche les dates des quatre mémorables journées de septembre. Cette noble allégorie domine la nécropole où reposent les citoyens morts pour la patrie.

La proclamation de l'indépendance de la Belgique, l'adoption du gouvernement monarchique et l'exclusion de la maison de Nassau, étaient les préliminaires indispens€J)les de l'œuvre constitutionnelle imposée au Congrès. Le terrain était déblayé ; les fondements de l'édifice étaient posés : on pouvait y travailler maintenant avec assurance, avec zèle.

Le projet de constitution, proposé par le comité investi de la confiance du gouvernement provisoire, avait été distribué aux membres du Congrès national dans la séance solennelle d'ouverture de cette assemblée. Ce projet renfermait, avec des développements nouveaux , toutes les importantes innovations déjà proclamées par le gouvernement provisoire. Il faisait émaner tous les pouvoirs de la nation ; il consacrait l'élection directe pour la formation de la représentation nationale, des conseils provinciaux, des administra-

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