‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 85 sur 329 · LES ORANGISTES · texte numérisé non relu

LES ORANGISTES

de la Belgique à la France, ni à 1 élection de M. le duc de Nemours, l'insistance qu'on mettrait à reproduire ces questions décidées n'aurait d'autre résultat que d'agiter la Belgique et de troubler la paix de l'Europe que le roi voulait conserver. Il terminait eu disant que le comité diplomatique ne devait voir dans cette communication qu'un nouveau témoignage de l'intérêt si vrai que le roi et son gouvernement portaient à la cause de la Belgique, a Elle n'aura jamais, » disait-il, « d'ami plus siccàre que le roi des Français ; les con- » seils qu'il donne aux Belges sont pour ainsi dire » paternels ; il ne veut exercer d'autre influence » que celle qui calme les passions, qui montre la » vérité, et dirige vers un but honorable et utile. »

M. Alex. Gendebien, de retour à Bruxelles depuis le 10 janvier au soir, prit la parole pour confirmer la sincérité des renseignements transmis par M. F. Rogier. Il résultait des informations prises par lui-même, durant son dernier séjour à Paris, la certitude que le duc Auguste de Leuchtenberg ne serait pas reconnu par le gouvernement français ; en conséquence, il engageait le Congrès à renoncer à ce choix.

Tandis que l'assemblée nationale était ballottée entre ces diverses candidatures, les partisans de l'ancienne dynastie songeaient à profiter des embarras du Congrès pour sauvegarder les droits du prince d'Orange. On disait hautement que le gouvernement néerlandais cherchait à corrompre les officiers supérieurs de l'armée belge, et on ajoutait que les grandes puissances, moins la France, voulaient imposer par

4es Toles iii-lliv^:te> le prîiii.ne d'Orange ao choix du (^HÈ^rhs. D était certain que les amis da prince d'Orange s'^itaient dans l'Intérieur da pays comme an dehors, et que le prin«:!e luinnème n était pas inactif à Lon'ires. QufA de plus naturel ? Héritier du trône des Pavs-Bas, chef futur de la maison de Nassau, pouvait-on exitrer de lui, qui avait cimente de s^iU sans en 1815 Tunion des Belges et des Hollandais, pouvait-on lui demander une abnégation que sa postérité lui eût justement reprochée un jour ? Si le devoir des Belges était de lutter avec persévérance contre les obstacles qui s'opposaient à la reconstitution de leur nationalité, le prince ne pouvait, de son côté, al>andonner prématurément la scène où se décidaient les destinées de sa maison. Au moment où le Congrès abordait la question du chef de l'État, le prince, fort de l'appui de la Russie, adressa à la nation tjelge un nouveau manifeste. Dans cette proclamation, datée du 11 janvier, il faisait entendre qu'il était le candidat des cinq grandes puissances et montrait, dans les communications, qui lui étaient venues des villes principales et de plusieurs provinces de Belgique, la preuve frappante de la confiance que lui accordait encore une grande partie de la nation. « Ce sentiment, » disait-il, « pourra devenir unanime, » quand mes vues et mes intentions seront suffisam- » meut comprises. » Le prince faisait connaître ces intentions et ces vues. II promettait que le passé, en tant qu'il le concernait, serait voué à loubli, il s'eagag(îait il n admettre aucune distinction personnelle.

LE PARTI FRANÇAIS iOS

motivée sur des actes politiques ; il promettait en outre de vouer ses soins les plus assidus à assurer à l'Église catholique et à ses ministres la protection attentive du gouvernement et à les entourer du res** pect de la nation.

Cette profession de foi politique fut publiée par les journaux de Londres ; en outre, le prince l'adressa lai-même à ses agents en Belgique. Ils devaient s'en servir pour rassurer ceux qui, parmi les Belges, pourraient se croire trop fortement compromis et par là même craindre une réaction. Le prince insistait :sur loubli du passé et rappelait qu'il n'avait jamais faussé sa parole (1).

Déjà le Congrès avait abordé la discussion des conclusions prises par la section centrale sur la proposition de M. C. Rodenbach relative au choix du chef de l'État. Ces débats préliminaires occupèrent trois séances (du 11 au 13 janvier) et servirent à constater letat des opinions qui divisaient la Belgique.

Un député de Mons, M. Blai^nies, prit le premier la parole pour appuyer la proposition de la section centrale tendant à l'envoi de commissaires du Congrès à Paris et à Londres. Il voulait que ces envoyés eussent mission d'offrir à Louis-Philippe le trône de la Belgique et d'appuyer cette résolution à Londres.

{\) Voir la letlre adressée lo 14 janvier par le prince d'Orsinge à un colonel ao service de la Belgique, dans la notice sur Guillaume II, par A. Orls. {Les Rois contemporains, p. iU.) — Celte letlre, adressée au liealenant-colonel Ernest Grégoire, Ait saisie après Tinsuccès de Téchauffoorèe de Gand, dont on trouvera les détails plus loin.

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