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Du reste, il ne demandait pas une réunion pure et aîmple, mais raiinexion de la Belgique à la France avec une vice-royauté à Bruxelles et l'acceptation de la Constitution belge. Cette combinaison, suivant l'orateur, assurerait à la Belgique une prospérité sans laquelle elle maudirait la révolution. N'était-elle pas indiquée par la nature elle-même ? La France et la Belgique ne sont-elles pas unies par le langage, les mœurs, les habitudes, les nécessités de leur commerce et d une défense commune ? Et la France souffriraitolle que les Belges permissent aux puissances du Nord de pouvoir en quelques jours de marche s'élancer sur Paris ? La vraie politique de Louis-Philippe l'appelle au Rhin. Or, il n'est que deux modes d'existence pour la Belgique : elle doit être l'avant-garde de la France ou celle de ses ennemis. La neutralité est impossible (1). Ce discours de M. Blai^nies avait captivé l'attention de l'assemblée ; il eut aussi du retentissement au dehors, car il flattait les idées favorites d'une certaine fraction de la Chambre des députés de
(1) « Cette neutralité, «disait M. Thiers, « fait sourire de grands
» politiques. Tant pis pour leur inleiligence. La neutralité sera ou ne » sera pas respectée. Si elle Test, la Belgique est ft Tabri de toute atta- » que, elle jouit de Finvrolabilité, et elle nous couvre, au lieu de nous » menacer, comme elle faisait, quand existait le royaume des Pays-Bas. » Si la neutralité n*est pas respectée, la Belgique nous a pour alliés » obligés, et nous avons droit d'occuper militairement la Meuse. Elle est » respectée dans un cas, nous sommes obligés delà soutenir dans Taulre » et nous étendons notre frontière jusqu'à la sienne. De pareilles con- » sidérations nous portent à croire qu'on aimera mieux respecter sa « neulralité. » La Monarchie de 4830, p. i06.
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France. Quatre jours après, le général Lamarque rappelait à la tribune française le décret du 9 vendémiaire an lY, et M. Mauguin s'écriait que, dans ses idées, la Belgique était toujours France !
Au sein du Congrès belge, les idées développées par M. Blargnies furent appuyées par d'autres députés des provinces wallonnes, et principalement peur les députés de Verviers, organes des fabricants de cette industrieuse cité. Ils rappelaient que Verviers avait joui, sous le règne de Napoléon et du système continental, des immenses débouchés de l'empire français. A la chute de l'empire, les draps de Verviers, exclus de la France, avaient trouvé d'autres débouchés, notamment les échelles du Levant, que leur avait ouverts le commerce hollandais, ou plutôt la bonne qualité et le bas prix des tissus. Depuis que la révolution avait brusquement interrompu le mouvement industriel, Verviers se plaignait d'autant plus vivement qu'il prospérait davantage avant la rupture avec la Hollande; et c'était vers la France qu'il voulait pousser le Congrès. Si la réunion s'était effectuée, il est certain qu'elle aurait procuré d'abord de grands avantages aux industriels de Verviers ; mais il est fort douteux que cette prospérité se fût maintenue. On rappelait que Sedan, Louviers, Elbeuf, avaient aussi des fabriques de draps. Verviers, à cause du bon marché de ses produits, aurait pu sans doute ravir momentanément à ces villes rivales une bonne partie de leurs placements; mais bientôt elles se seraient efforcées de se placer sur le même rang, et l'écoulé-