‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 87 sur 329 · ADVERSAIRES DE LA RÉUNION · texte numérisé non relu

ADVERSAIRES DE LA RÉUNION

meut facile et extraordinaire des produits verviétois ^ eût été arrêté.

Les partisans de la réunion ou de la quasi-réunion trouvèrent d'éloquents adversaires. M. Jottrand démontra, en s'appuyant sur les annales du pays, que, depuis le démembrement de l'empire de Charlemagne, la nationalité belge n'avait jamais voulu se perdre dans la nationalité française. La Belgique avait été conquise plus d'une fois ; mais les mœurs nationales, le caractère particulier du peuple, avaient survécu à toutes les catastrophes. Répondant ensuite aux maîtres de foi^e du Hainaut et aux fabricants de draps de Verviers, qui pétitionnaient en faveur de la réunion, M. Jottrand leur prouva que cette combinaison, préjudiciable aux autres producteurs, ne pouvait leur offrir, à eux, dans cette hypothèse, que des avantages temporaires.

M. Lebeau soutint aussi que le projet de réunion était impraticable, impossible, après les déclarations réitérées du roi des Français et de son gouvernement. « Cette réunion, » ajouta*t-il, a serait un motif de » guerre générale, de guerre à mort, non seulement » de l'absolutisme contre les idées libérales, mais une » guerre mortelle aux intérêts de la France et de la » Belgique. L'Angleterre sent trop bien tout ce que » son industrie et son commerce auraient à souffrir » d'une telle réunion, pour ne pas s'y opposer. Sou- » venez- vous de ce que disait un de ses plus grands » ministres, l'illustre Canning ; La possession du port » d'Anvers par la France serait vn sujet immédiat de

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