LE DUC DE LEUCHTENBERG SIS
Non, la liberté ne s'était pas agrandie. Le gouveçment français persistait à refuser le duc de Nemours et à exclure le duc de Leuchtenbei^ ; mais ayant pu constater que le prince Othon de Bavière n'avait pas de chances, il venait de porter son choix sur le prince Charles de Capoue, frère de Ferdinand II, roi des Deux-Siciles et neveu de la reine des Français (1).
Le duc de Leuchtenbei^, ignorant sans doute que Topposition du gouvernement français serait invincible, venait d adhérer au projet que Ion formait en sa faveur. Le 12 janvier, il avait adressé à M. de Bassano une lettre contenant son acceptation éventuelle de la couronne de Belgique. Il avait, disait-il, consulté sa mère, et il s'empressait de déclarer que si les Belges (ce qu'il ne pouvait toutefois se persuader encore) lui confiaient le soin de leur avenir, il accepterait cette honorable mission et serait fier de se consacrer entièrement au bonheur d'un peuple si digne de jouir de la liberté. Cette lettre fut immédiatement transmise en Belgique.
Le 19 janvier, M. Raikem donna lecture du rapport de la section centrale chargée d'examiner les propositions relatives au choix du chef de l'État. Elle proposait de fixer au lendemain l'élection du souverain et de s'en occuper toutes affaires cessantes.
M. Lebeau dépose immédiatement un projet de
(4). Le prince Charles de Capoae était né le 40 octobre 4844. — Le 13 janvier, le comte de Flabaut arrivait à Londres, chargé par Louis- Philippe de recommander au cabinet de Saint-James la candidature du prince napolitain.
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décret constitutionnel, par lequel le Congrès national appellerait au trône de Belgique le duc Auguste de Leuchtenberg. En faisant cette proposition, M. Lebeau n'eut en vue que le salut du pays ; il n'avait pas l'honneur de connaître le candidat qu'il proposait spontanément, et il n'était entré en relation ni avec le prince ni avec M. de Bassano. Admis à développer sa proposition, M. Lebeau montra ce patriotisme élevé qui, joint à un brillant talent oratoire, lui avait assuré dès lors une grande influence sur l'assemblée. M/ Lebeau signale d'abord les dangers d'une temporisation ; des tentatives sont faites pour amener une restauration ; dans plusieurs provinces, l'audace des partisans de la dynastie déchue s'accroît en proportion de la générosité du Congrès; dans le sein même de l'assemblée, des membres n'ont pas craint d'élever la voix pour le prince d'Orange ; le prince lui-même a fait publier un vrai manifeste de réaction (1). Il est temps de contenir cette faction en procédant au choix du chef de l'État ; Liège et Bruxelles même désirent le duc de Leuchtenberg. Faisant ensuite allusion aux suggestions de la diplomatie concernant le prince de Capoue, l'orateur déclare qu'il y a là quelque arrièrepensée, quelque tactique perfide dont il faut se méfier.
L'assemblée décide qu'elle s'occupera d'abord de la proposition émanée de la section centrale. <cMoi aussi, »
(1) L'orateur faisait allusion à la proclamalion du ii janvier que nous avons mentionnée dans le chapitre précédent.