CHOIX DE CHEF DE L ÉTAT SU
dit alors M. Legrelle, « j ai soiifié les intentions de la » nation, et je puis dire que ses vœux ne sont pas » pour le duc de Leuchtenberg; je ne dis pas qu'ils » y soient contraires, mais on pense généralement » qu'il faudrait consulter les grandes puissances... » M. Jottrand s'oppose vivement à cette proposition que l'assemblée a d'ailleurs accueillie par des murmures. Pourvu qu'on ne veuille pas la réunion à la France, il est inutile, suivant M. Jottrand, de consulter l'Angleterre, l'Autriche, la Prusse et la Russie. Consulter la France est dangereux, car elle n'ofifre que des candidats propres à prolonger le provisoire sous une autre forme. Il ne conviendrait de se mettre en relation avec les puissances que si on voulait se prêter à leur désir secret de restauration. Il vote pour que le Congrès s'occupe sans crainte et sans délai du choix du chef de l'État. M. le comte de Baillet ayant proposé de fixer au l^ février l'ouverture de la discussion, M. Devaux soutient avec énergie les conclusions de la section centrale. Pour se soustraire à la domination que prétend exercer la diplomatie, il faut des faits, dit-il ; depuis qu'elle voit de l'hésitation dans la marche du Congrès, elle a repris courage; elle a reculé devant l'exclusion des Nassau, elle reculera devant la guerre.
Enfin l'assemblée, par quatre-vingts voix contre soixante et quinze, adopte une première proposition portant que les commissaires belges, envoyés à Paris, sont chaînés de prendre et de transmettre au Congrès, dans le plus bref délai, des renseignements positifs sur tout ce qui petit être relatif au choix du chef de
H6 CHOIX DU CHEF DE l'éTAT
rÉtat en Belgique, soit sous le rapport du territoire, soit sous le rapport des intérêts commerciaux, soit sous le rapport des alliances. Elle décide ensuite que, dans tous les cas, elle fixe au 28 janvier au plus tard la discussion concernant le choix du chef de l'État. Le projet de M, Lebeau relatif au duc de Leuchtenbergest renvoyé aux sections.
Le même jour, M. d'Aerschot, au nom du comité diplomatique, notifie la résolution du Congrès au comte de Celles, arrivé à Paris, le 17 janvier, en qualité de commissaire auprès du gouvernement français. Il le prie de satisfaire à la demande de renseignements exigés par l'assemblée. Les candidats sur lesquels on pouvait jeter les yeux étaient, suivant M. d'Aerschot : le prince Léopold de Saxe-Coboui^, le prince Charles de Capoue et le duc Jean de Saxe, allié à la famille royale de Bavière. Quant au prince Othon, toute tentative en sa faveur serait infructueuse. « Je » dois vous informer, » ajoutait M. d'Aerschot, « que » l'on voulait nommer le prince de Leuchtenberg. Ses » partisans prétendaient que, d'après les dénégations y> faites à la tribune par M. le comte Sébastiani, le » gouvernement français avait manifestement changé » d'opinion relativement au prince. Vous ne cacherez » pas au cabinet français qu'on ne pourra l'écarter » qu'autant qu'il se prononcera d'une manière for- » melle. » M. de Celles répondit le 21 : « Charles de » Naples est le candidat de la France ; cela dit » tout pour des hommes qui entendent les affaires. » Mais il n'était pas le candidat de la Belgique; elle