‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 107 sur 366 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

érigé en duché, est une baronnie dont les barons sont « princes grands terriens », prochains parents des rois de France, et fait partie de la Bourgogne et de la Champagne. Une coutume ancienne se maintenait dans cette maison de Bourbon, d'après laquelle « filles ne succédoient en ladite baronnie tant qu'il y eut mâle du nom fut tel mâle en pareil ou plus lointain degré que la fille ». Un arrêt existe, de 1211, contre le comte de Folcalquier qui avait épousé une demoiselle de Bourbon; le domaine fut adjugé aux descendants masculins qui étaient moins proches parents que sa femme. Le môme domaine de Bourbon se trouva ensuite érigé en duché par Philippe de Valois, roi de France, en faveur de son beau-frère Louis, premier fils du duc Robert; et l'on y annexa le comté de la Marche. — Louis H, duc de Bourbon, épousa Anne, dauphinc d'Auvergne, et demeura en otage en Angleterre pour le roi pendant près de quatorze ans; une fois délivré, il se fit remarquer par sa valeur dans le royaume même et contre les Infidèles; il se conquit la seigneurie de Listenois. De ce remarquable chevalier descendit le prince Jean, premier de ce nom, qui combattit vaillamment contre les Anglais et fut pris à la journée d'Azincourt; trois fois il paya sa rançon, sans succès, tant il était craint de ses ennemis, et mourut captif. C'est à partir de ce duc Jean que commence la partie importante pour les droits du connétable. — En mai 14UÛ, le duc Louis vivant encore, son fils Jean épousa Marie de Berry, fille du duc de Berry et d'Auvergne ; dans leur contrat de mariage, il fut stipulé que les pères des deux époux leur faisaient donation de leurs terres ainsi qu'à leur postérité masculine; d'une part, le duc de Berry et d'Auvergne, <( par vouloir, permission et exprès consentement du roy, céda et transporta son duché d'Auvergne auxdits deux futurs conjoints et à leurs enfants mâles, et descendants des mâles tant que la lignée masculine tiendrait, et fut ladite donation confirmée

depuis par le roy Charles VI, lors régnant » ; de son côté, le duc Louis donnait à son fils ses duchés de Bourbonnois, ainsi que ses comtés de Clermont et de Forêts; il les laissait également aux descendants mâles qui pourraient naître de ce mariage; mais, si son lils mourait sans descendance masculine, le Bourbonnois, Clermont et Forêts reviendraient à la couronne. Le duc Jean, une fois prisonnier, u le roy donna délay à ladite dame Marie de Berry de bailler son dénombrement dudit duché d'Auvergne, et furent le&dites lettres vérifiées en la Chambre des Comptes au dit an li25. Et le roy Charles septième, par lettres expresses et patentes, narration faite de ladite donation du duché d'Auvergne, et qu'elle étoit au profit et avantage du roy et du royaume, vu le retour du duché de Bourbonnois à la Couronne, en défaut de mâles, loua, ratifia et approuva ladite donation. Et furent les dites lettres lues, publiées et enregistrées en Parlement et en la chambre des comptes; et depuis les mâles de ladite maison de Bourbon ont toujours joui desdites duchés et comtés masculines. » Afin de montrer que tous les mâles aînés et puînés étaient compris dans cette donation et dans sa postérité masculine, « Marie de Berry en tailla lettres de rectification au roy, laquelle promet le faire ratifier à Charles et à Loys, ses enfants, comme appelés ». Jean II, fils de Charles, de dix-huit à vingt ans, est lieutenant du roi à la bataille de Fremin gagnée sur les Anglais qui quittent la Normandie; il l'est ensuite encore en Guyenne, puis, devenu connétable, épouse la fille de Charles VII, Jeanne, et meurt sans descendants. — Le père de Charles, duc de Bourbon, c'est-à-dire Gilbert de Bourbon, comte de Montpensier, est lieutenanten Bourgogne à vingt-deux ans ; il est ensuite gouverneur de Paris. C'est alors que Louis XII fit assembler les plus grands personnages du royaume pour trancher le dilTérend des duchés et des comtés et décider à qui ils devaient appartenir :

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