‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 115 sur 366 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

étant siir, il n'interrompit pas le procès. Peut-être futce par simple irritation, peut-être par crainte que les rapports commencés ne subsistassent une fois la paix faite. Le connétable savait trop bien désormais la raison des affronts successifs qu'il avait essuyés ; il lui était impossi ble de croire à la parole royale et il restait marqué de trop d'offenses. De son côté, le roi, l'action entreprise, eût paru se désavouer en revenant en arrière ; en tant que roi de France et que Valois, il désirait par trop arrêter et détruire la puissance de cette maison bourbonnienne qui lui portait ombrage en même temps qu'au pouvoir dont il était le représentant. — Le vin allait bientôt être tout à fait tiré, et il valait mieux le boire d'un coup que le faire rentrer petit à petit au tonneau.

Charles continuait d'aller à la Cour. Un jour, il y parut à l'heure où le roi et la reine Claude étaient à table, dans des salles séparées. « Informé de son arrivée, François L' acheva rapidement de dîner et vint dans la chambre de la reine ^ Leduc, envoyant le roi, se leva pour lui rendre ses devoirs : « Il parait, lui dit brusquement François I", que vous êtes marié ou sur le point de l'être. Est-il vrai ? » Le duc répondit que non. Le roi répliqua que si, et qu'il le savait. 11 ajouta qu'il connaissait ses pratiques avec l'empereur et répéta plusieurs fois qu'il s'en souviendrait. « Alors, Sire, c'est une menace, répondit le duc ; je n'ai pas mérité un semblable traitement. » Après le dîner, il se rendit à son hôtel, situé près du Louvre, oii beaucoup de gentilshommes l'accompagnèrent en lui faisant cortège^ ». Michelet va plus loin: « Toute la noblesse le suivit -^ », écrit-il. — Thomas Boleyn en écoutant le récit de cette entrevue racontée par Charles-Quint, s'étonna que le

i. La reine était assez pour Bourbon et aurait souhaité qu'il épousât sa sœur.

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