LIVRE II
25.000 hommes environ du cùtc de Douvres; il se proposait enfin de lever de fortes troupes de réserve et de les commander lui-même. Il ne pouvait prendre aucun engagement sérieux tant qu'il n'aurait pas obtenu la soumission des Ecossais et la défaite de la Rose Blanche'. Mais, Beaurain à peine parti, il changea d'idée à nouveau et consentit à tout préparer pour l'invasion de la France. 11 dit textuellement à Louis de Praët ; « Touchant l'affaire de Bourbon, puisque l'empereur l'a tellement à cœur, j'envoyerai par delà mon pouvoir à mes ambassadeurs avec instructions telles dont 1 empereur aura cause d'estre content pour besongner conjointement sur ledict affaire'. » Il offrit même la moitié de l'argent qu'exigeroit la levée des gens de cheval et des hommes de pied que le connétable mettrait en campagne.
— La négociation se poursuivit à Yalladolid, puis à Londres ; ce fut là que les plénipotentiaires de Charles-Quint et d'Henri YIII établirent en mai 1523 les bases et l'époque de l'agression; c'est là que Beaurain arriva le 19 juin pour régler la prise d'armes de Bourbon 3.
Les instructions de Beaurain étaient d'obtenir de lui qu'il contribuât à la solde des hommes nécessaires à la levée du connétable ; il devait ensuite se rendre à Bourg-en-Bresse oii le connétable avait promis de se trouver et, là, négocier son mariage avec Eléonore, veuve du roi de Portugal ou avec Catherine, la plus jeune des sœurs de Charles-Quint. Bourbon, de son coté, promettait que, dans les dix jours qui suivraient l'entrée des deux princes alliés sur le territoire de la France, il se déclarerait et se joindrait à l'armée d'invasion, moyennant quoi il recevrait le paiement successif de 200.000 couronnes pour l'entretien de ses